Catégories
Non classé Ranking statistiques

Les Running backs sont-ils en voie de disparition : Analyse et classement des RB sur la saison 2019 NFL

« Establishing the run » voilà une phrase qui résonne comme une madeleine de Proust pour les fans de la grande ligue, d’un certain âge, qui vont lire ses lignes. Pour les nouveaux arrivant une mise au point est nécessaire. Courir ? Comment ça courir ? Aujourd’hui la place du jeu au sol s’amenuise chaque année. En effet cette année c’est seulement 41,1% des jeux menés par les attaques NFL étaient des courses, un record. Une tendance qui s’aggrave doucement mais surement chaque année depuis la fin des années 70 où les jeux de courses et de passes étaient à l’équilibre au sein de la ligue.

Une question peut donc nous venir à l’esprit : Quid des Running back de nos jours ? Quels profils retrouvent-ont ? Les Running back tout en verticalité existent-ils encore ? Quelle est l’importance du jeu à la passe pour le poste de nos jours ? Et surtout : Qui est le meilleur Running back selon tous ces critères ?

Lexique des data utilisées :

YAC : Yards After Contact, c’est tout simplement le nombre de yards gagnés par un joueur sur les jeux de courses après que ce dernier est subi un contact avec le premier défenseur.

YBC : Yards Before Contact, Homologue du YAC mais pour les yards avant le contact avec le premier défenseur.

Att/BrT : Attempt per Breaking Tackle, c’est le nombre moyen de tentatives de jeu au sol que réalise un joueur entre deux placages cassés. Plus le chiffre est petit plus la fréquence de plaquages cassées du joueur est grande.

ALY : Adjusted Line Yards, crée par Football Outsiders, cette statistique est issue de la régression d’un modèle comprenant toutes les courses réalisées par les running backs d’une équipe et assigne la responsabilité sur chaque jeu du nombre de yards considéré comme gagner par la OL. Différentes variables rentrent en compte à côté de cela tel que les downs et la distance restants, la situation dans le match, la qualité de la DLine adverse et la formation utilisée par l’attaque. Les données sont ensuite normalisées de manière à avoir la moyenne d’ALY dans la ligue égale à la moyenne des Yards/carries de tous les RB de la ligue. En conclusion, on peut interpréter cette statistique comme le nombre de yards moyens gagné par la OL sur les jeux de course.

DVOA : Defense-adjusted Value Over Average, de nouveau une statistique de Football Outsiders. Cette dernière, dans des termes très courts, permet de mesurer l’efficacité d’un joueur en comparant son succès sur chacun de ces plays avec la moyenne de la ligue et tout cela encore une fois selon la situation et l’opposition.

DYAR : Defense-adjusted Yards Above Replacement, dernière statistique de chez Football Outsiders (je vous jure). Elle sert à quantifier l’impact d’un joueur dans une équipe en remplaçant ce dernier par un joueur du même poste mais avec tous ses attributs correspondant à la moyenne dans la ligue. Ainsi appliqué sur chaque action où le joueur étudié a eu un rôle on obtient une différence, en nombre de yards. Plus cette différence est élevé plus le joueur apporte à son équipe quand il joue.

OSM : Offensive Share Metric, statistique inventée par Pro Football Network. Cette mesure permet de mettre en évidence le pourcentage de production directement lié à la performance du joueur et non pas lié à la performance de ses coéquipiers.

Méthode :

Afin de discriminer nos différentes classes de Running back, connaître laquelle est la plus efficace et réaliser notre classement, 6 nouvelles variables sortis de ma petite tête sont détaillées ci-dessous :

Puissance : YAC*100/Yards à la course*(2*(1/Att/BrT)+1)*(Att/1000)

Formule aux premiers abords un petit peu complexe mais ne vous inquiétez pas l’explication est logique. Première partie, on récupère le pourcentage de yards après contact gagné à la course par le joueur on ajoute à ce dernier ce même pourcentage mais pondéré cette fois ci par deux fois le nombre de placages cassées par courses. Enfin on pondère cette mesure avec un facteur comprenant le nombre de tentatives de courses divisé par 1000. Pourquoi tout cela ? Et bien selon moi cette formule permet de modéliser assez efficacement la puissance d’un joueur de course car elle prend en compte les Yards après le contact, les placages cassés, ici avec un facteur de 2 pour avantager les joueurs qui cassent beaucoup de placages (plus difficile à réaliser pour le joueur) et enfin le dernier facteur permet de mettre légèrement en exergue la répétition de ces lourds efforts par les joueurs puissants avec leur nombre de tentatives.

Vision : YBC*100/Yards à la course*(1+(Y/Att-ALY)/Y/Att)

Assez semblable à la première formule cependant ici on pondère les Yards avant contact en enlevant le ratio des yards gagnés par la OL sur chaque action par rapport aux yards par courses du joueur. On obtient un score de vision assez regardante de la réalité pour les RB.

Receiving Rate : (Y/target/2*Yards after catch)*(10-Drop%)+(1D+6*TD-6*TO)

Le jeu à la passe fait partie du football moderne à part entière. Il est donc inconcevable de ne pas juger les RB sur leur capacité dans ce secteur. Pour se faire j’ai réalisé une formule très simple en deux composantes qui permet de se faire une idée du jeu aérien des joueurs de courses. Cette formule comprend deux composantes : la première prend en compte les yards/target mais divisé par deux (choix arbitraire) dans une logique impliquant le lanceur et le receveur, ainsi que les Yards after catch qui eux impliquent en grande partie le RB. Le tout est pondéré par un facteur 10 et on enlève à cela le taux de drop du joueur multiplié par ces yards calculés antérieurement. Enfin la deuxième composante est juste ici pour ajouter la production brute du joueur qui est aussi non négligeable.

Efficacité : DVOA

La DVOA explique bien l’efficacité d’un joueur et se suffit à elle-même pour cela.

Valeur ajoutée : 10*OSM+DYAR

On quantifie donc ici la part de production du joueur et le caractère irremplaçable de ce dernier. Comment il est impliqué dans l’attaque de son équipe et son importance.

Production : TD*7+1D-Fmb*10+Yards/Att

Cette variable est ici pour évaluer les statistiques brutes du joueur. On ne regarde simplement si ce dernier apporte à son équipe sur le plan comptable et ce sans regarder les facteurs extérieurs.

Notation sur 10 : Toutes ses variables ont été centrée-réduites autour d’une moyenne de 5 et d’un Ecart-type de 10 afin d’évaluer les RB sur une échelle de 0 à 10, le RB moyen de notre panel étant de à une note de 5 dans toutes les catégories.

Panel et résultats bruts :

Les données de 44 RB ont été récupérées et traitées et nous permettent d’obtenir le tableau ci-dessous.

PlayerPuissanceVisionReceiving rateEfficacitéValeur ajoutéeProduction
1Aaron Jones6,175,716,817,337,698,95
2Adrian Peterson5,703,875,244,504,923,95
3Alvin Kamara5,034,665,085,645,042,93
4Austin Ekeler4,013,7710,003,442,472,69
5Benny Snell3,821,856,483,094,552,67
6Carlos Hyde6,375,513,144,614,484,56
7Chris Carson8,553,733,765,536,104,40
8Christian McCaffrey5,158,838,007,749,259,79
9Dalvin Cook6,584,902,566,857,187,53
10Damien Williams4,442,155,374,012,994,02
11David Montgomery5,735,644,472,972,775,34
12DeAndre Washington2,772,535,303,943,273,80
13Derrick Henry9,713,611,096,348,498,87
14Devin Singletary3,947,372,905,874,302,08
15Devonta Freeman4,065,276,563,142,972,22
16Ezekiel Elliott7,524,725,218,039,738,67
17Frank Gore4,612,604,562,493,933,81
18Gus Edwards3,465,726,137,126,783,68
19Jamaal Williams2,236,087,474,984,683,08
20James Conner3,224,377,173,162,843,83
21Joe Mixon7,944,497,724,984,376,41
22Jordan Howard3,065,684,367,635,665,27
23Josh Jacobs7,513,762,685,766,316,50
24Kenyan Drake3,578,315,388,516,646,06
25Kerryon Johnson3,242,941,482,773,703,20
26Latavius Murray2,936,044,806,977,205,43
27Leonard Fournette8,752,635,093,634,375,05
28LeSean McCoy2,218,175,654,593,742,66
29Le’Veon Bell7,581,686,322,301,663,95
30Mark Ingram5,345,538,808,548,777,11
31Marlon Mack5,406,054,335,324,728,18
32Matt Breida2,279,214,924,714,802,02
33Melvin Gordon3,864,163,823,873,234,42
34Miles Sanders4,236,676,264,013,313,15
35Nick Chubb9,154,693,655,906,156,29
36Peyton Barber4,231,595,170,011,774,38
37Phillip Lindsay4,977,172,615,535,036,21
38Raheem Mostert2,809,643,789,828,285,18
39Ronald Jones5,434,406,394,735,043,95
40Royce Freeman3,363,405,463,282,903,76
41Saquon Barkley6,494,495,615,254,705,67
42Sony Michel5,214,371,084,034,836,00
43Tevin Coleman2,366,485,102,423,955,14
44Todd Gurley5,055,541,884,634,457,16
Tableau 1 : Data des 44 RB sur les 6 variables calculées

Discrimination des classes de running back :

Avec nos données traitées nous pouvons discriminer maintenant nos RB selon 3 critères : Le score de puissance, le score de vision et le receiving rate.

Avec une ACP sur nos 3 critères il est affirmatif que ces derniers ne sont pas liés et nous permettront de mettre en évidence des groupes de RB bien distincts. De plus les 2 premières composantes expliquent plus de 80% de la variation obtenue.

Grace à cette ACP il est facile de visualiser les groupes de running back selon leur style. 6 styles sont retenus : Elusive, Elusive-Receiving, Receiving back, Power-Receiving, Power back et Running back. Un autre groupe un peu sous-jacent aurait pu aussi être mis en évidence avec un style « All around ». Pour l’analyse nous resterons à 6 classes.

Résultats :

Voyons maintenant sur nos scores d’efficacité et de valeur ajoutée.

Pour ce qui est de l’efficacité on remarque que le meilleur style de Running back est « Elusive-Receiving » (un style à la CMC pourrait-on dire). En effet, les coureurs au sol qui ne se font jamais plaqués sont souvent efficaces (comme on peut le voir avec la classe « Elusive » seule). Si vous couplez cela à un jeu aérien qui produit beaucoup de YAC derrière vous obtenez la classe orange sur le graphique. Les Power backs sont aussi efficaces dans l’ensemble car tributaire d’un style de jeu qui leur est propre, tout en verticalité. Si l’on regarde maintenant les « Power-Receiving » on observe une efficacité moindre sans doute lié au fait que les Power back ont plus de mal à être consistant en réception aussi et que leur style ne se fond pas bien dans le jeu aérien. Au fond du classement on retrouve les « Receiving back » et les « Running back » moins efficace surement dû au fait que les WR sont plus compétents que eux pour les premiers et que le manque de spécialisation se fait sentir pour les seconds.

Maintenant penchons-nous sur la valeur ajoutée de chaque classe. Les classes « Elusive-Receiving » et « Power back » ont une grosse valeur ajoutée qui s’explique surement par la niche en terme de gameplay qu’elles proposent. En effet d’un côté on a des RB insaisissables et qui en plus sont souvent tributaire du jeu aérien de leur équipe et de l’autre côté des RB tout en puissance, comme Derrick Henry, et qui ont des profils absolument irremplaçables dans leur équipe. On voit aussi que les Receiving back pâtissent sur ce critère tout simplement parce qu’ils assurent encore une fois le même rôle que les WR et ne font pas mieux que eux.

Conclusion :

Les Running back ne sont pas morts

Les Running backs ne sont pas morts ! Ils sont même encore indispensable dans certains style de jeu tant ils apportent de la plus-value sur le terrain. Si vous voulez que votre équipe se construise autour d’un Running back cependant il faudrait mieux pour elle prendre un Power back ou un Joueur que personne n’arrive à plaquer et qui en plus vous apporte des solutions dans le jeu aérien. Vous pouvez aussi espérez qu’une équipe déjà construite pense à un joueur « Elusive » qui saura aussi apporter. Les pièges à éviter sont semble-t-il les RB qui ne sont bon que dans le jeu aérien et qui ne vont donc pas apporter un petit plus à l’équipe et les joueurs de course mais moins spécialisés.

Classement FFS des RB 2019 :

A partir de cela et en rajoutant le critère de production en plus dans mon analyse je vous présente mon classement des RB pour la saison régulière qui s’est écoulée en 2019 :

1Christian McCaffreyElusive-Receiving
2Aaron JonesReceiving back
3Mark IngramReceiving back
4Ezekiel ElliottPower back
5Kenyan DrakeElusive
6Joe MixonPower-Receiving
7Dalvin CookPower back
8Nick ChubbPower back
9Derrick HenryPower back
10Raheem MostertElusive
11Marlon MackRunning back
12Saquon BarkleyPower-Receiving
13Latavius MurrayElusive-Receiving
14Gus EdwardsElusive-Receiving
15Josh JacobsPower back
16Phillip LindsayElusive
17Ronald JonesPower-Receiving
18Jordan HowardElusive
19Chris CarsonPower back
20Todd GurleyRunning back
21Adrian PetersonPower-Receiving
22Carlos HydeRunning back
23Alvin KamaraPower-Receiving
24Jamaal WilliamsReceiving back
25Miles SandersElusive-Receiving
26Leonard FournettePower back
27Sony MichelRunning back
28David MontgomeryRunning back
29Matt BreidaElusive
30Devin SingletaryElusive
31LeSean McCoyElusive
32Tevin ColemanElusive
33Devonta FreemanReceiving back
34Le’Veon BellPower back
35Austin EkelerReceiving back
36Damien WilliamsPower-Receiving
37James ConnerReceiving back
38Melvin GordonRunning back
39Benny SnellReceiving back
40Royce FreemanReceiving back
41Frank GorePower-Receiving
42DeAndre WashingtonReceiving back
43Peyton BarberPower-Receiving
44Kerryon JohnsonRunning back
Catégories
Ranking statistiques

Balance ton QB #3 – Matt Ryan

Une nouvelle saison à 7-9 et une nouvelle saison décevante pour les Falcons. C’est un Matt Ryan pourtant en dessous de ses standards habituels qui se hisse à la 9ème place de ce classement. En cause une certaine homogénéité dans son évaluation statistique, moyen partout mais mauvais nul part. Le Quarteback n’aura pas été aidé par une ligne offensive très faible

Pour la définition des statistiques et du barème c’est ici: https://frenchfootballstats.sport.blog/2020/01/27/balance-ton-qb-0-methode/

Que nous apprennent les statistiques avancées ?

Le positif

Le MVP d’il y a trois ans a fait son job cette année. Même si il est loin de son niveau lors de la campagne 2016,Matt Ryan s’en sort avec un AY/A de 4,6 le plaçant 5ème. Les passes qu’il complète sont souvent pour des gros gains aériens, témoignant de la facilité qu’il a à lire les défenses et à faire les bons choix de passe quand il le veut. Son OSM de 26,86 et son DYAR de 742 ne font pas pales figures à côté de ceux des autres QBs de la ligue et lui permettre d’atteindre la 8ème place dans ces classements. Ces données nous permettent d’affirmer sans trop de difficulté que Ryan est en grande partie responsable de ses statistiques brutes ce qui n’est pas étonnant au regard du niveau de sa ligne protectrice. Matt montre qu’il est clairement une pièce maîtresse mais aussi une valeur sure dans la franchise géorgienne. Son CPOE de 1,4 le classe dans le top 10 et est tout à fait honorable traduisant sa capacité à se montrer précis sur des lancés difficiles.

Passer rating en fonction de la zone du terrain – Next Gen Stats

Le négatif

Malgré le marasme de football qu’a proposé la franchise d’Atlanta cette année, notamment lors de la première partie de saison, Matt Ryan a su rester constant dans son niveau de jeu. Très peu de points négatifs à retenir sur la saison passée, avec toutes ses notes au-dessus de la moyenne. On peut tout de même mettre en exergue sa note de propreté tout juste passant la barre des 5, symbole des problèmes qu’il a rencontré sous la pression cette année. Or pression il y a eu avec un Pass Block Win Rate de 50%, un des 3 plus faible de la ligue. Ce qui peut expliquer en partie son nombre d’interceptions assez élevé de 14 (26ème ). Mais la ligne offensive n’explique pas à elle seule les 48 sacks encaissés par Matt Ryan, le franchise QB des rouges et noirs,a souvent eu tendance à trop garder le ballon face au raz de marée adverse.

Globalement Matt a su être constant tout au long de la saison mais à un niveau juste au-dessus de la moyenne en terme de production statistique, hormis une envolée contre la faible (euphémisme) défense aérienne des Cardinals. On retiendra son passer rating,moyen dans toutes les zones, sans jamais exceller nul part.

Fréquence des lancers en fonction de la zone du terrain
% de complétion en fonction des zones du terrain

Conclusion

Matt Ryan ce serait au collège ce môme frustrant pour n’importe quel enseignant. Des bases solides, un potentiel bien présent, une envie de bien faire mais un niveau, au final, juste moyen qui ne lui permet pas d’élever sa note plus haut que 13/20, plafonnant avec une mention « Assez Bien » pour une grande partie de sa scolarité. Terriblement agaçant et pourtant on ne peut pas lui en vouloir tant il est assidue pour faire ses devoirs et réciter ses leçons. Un enfant surement bien seul avec des parents ne l’aidant pas du tout dans la réussite de ses études et des frères et sœurs préférant batifoler dans le jardin plutôt que travailler avec lui (sauf le petit Julio). Alors qu’au final ensemble ils pourraient tous aller loin.

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer