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SECRET DEFENSE #2: Tampa Bay Buccaneers 2002- La rĂ©volution vient des airs

Fin des années 90, une transition offensive vers la passe s’annonce et certains l’ont anticipée. Grâce à un ancien système remis au goût du jour et à un casting cinq étoiles, les Buccaneers révolutionnent alors la défense aérienne. Histoire, tactique, statistiques… Aujourd’hui, place au fabuleux monde des pirates floridiens !

Effectif et fonctionnement

Création de la défense

En 2002, Jon GRUDEN, alors head coach des Oakland Raiders est Ă©changĂ© aux Buccanneers contre deux premier tour de draft et 8 millions de dollars. Cette arrivĂ©e est couronnĂ©e d’un succès immĂ©diat: une annĂ©e record et un Super Bowl superbement remportĂ© face Ă  ces mĂŞmes Raiders . Mais si Gruden est souvent crĂ©ditĂ© comme artisan principal de la victoire finale la rĂ©alitĂ© est bien plus nuancĂ©e. La rĂ©volution dĂ©fensive entamĂ©e par les Pirates remonte en fait Ă  bien plus loin que cette intersaison 2001-2002. Pour comprendre cela il faut revenir 25 ans en arrière….

Tony Dungy serrant la main de Jon Gruden, le coach qui l’a remplacĂ©.

En 1977, les Pittsburgh Steelers draftent un jeune safety du nom de Tony DUNGY. Il y reste deux ans, passant du temps dans le practice squad et prenant part Ă  l’épopĂ©e du dernier titre en 1978. Sous les ordres de Bud CARSON, son coordinateur en 1977 et l’architecte de la dynastie dĂ©fensive du Steel Curtain, et de Chuck NOLL, son entraĂ®neur en 1977-78 et l’architecte de la dynastie tout court des Steelers, il apprend les rouages de la couverture 2, cette marque de fabrique au cĹ“ur d’une organisation qui rafle tout. Après une courte carrière de joueur, il revient Ă  Pittsburgh pour y officier en tant que coach des defensive backs puis surtout coordinateur. Un poste occupĂ© chez les Vikings dĂ©but des annĂ©es 90, oĂą il fait la connaissance de Monte KIFFIN, autre Ă©minence grise de ce cĂ´tĂ© du ballon. De cette relation naĂ®tra la Tampa 2, ce cĂ©lèbre dispositif s’appuyant autant sur la couverture 2 du back seven que sur le concept d’under tackle du front four et propre Ă  Minnesota en ce temps-lĂ .

En 1996, approché par Tampa Bay, il accepte le poste d’entraîneur et fait de Monte KIFFIN son coordinateur. Le duo (re)donne vie à une franchise moribonde grâce à une défense innovante, avant que DUNGY ne se fasse licencier en 2001 suite à une deuxième élimination prématurée en playoffs malgré le talent évident de l’effectif.

Monte Kiffin et Ronde Barber. Monte Kiffin reste coordinateur défensif après le départ de Dungy

Cet effectif, en particulier défensif, il le construit à travers la draft

1993 : John LYNCH (tour 3)

1995 : Warren SAPP (tour 1), Derrick BROOKS (tour 1)

1997 : Ronde BARBER (tour 3), Alshermond SINGLETON (tour 4)

1998 : Brian KELLY (tour 2)

1999 : Anthony McFARLAND (tour 1), Dexter JACKSON (tour 4)

… Et la free agency.

1997 : Shelton QUARLES

2001 : Simeon RICE

+ 2002 : Greg SPIRES, la seule pièce défensive ajoutée sous le mandat de GRUDEN

Si 2002 marque les mémoires, la défense n’attend pas si tard pour performer. Sur la pente ascendante depuis novembre 1996, elle explose à partir de 1997 puis signe son chef-d’œuvre inachevé en 1999. Valeureuse perdante, elle s’illustre de la plus belle des manières lors du NFC Championship cette année-là : chez le Greatest Show on Turf en route pour le sacre, elle ne concède que 9 points dont un touchdown sur un drive débuté dans sa moitié de terrain. Une performance exceptionnelle hélas tombée dans l’oubli à cause de la défaite et de la forte popularité de ces Rams. Mais qu’on ne s’y trompe pas : compte tenu du contexte, limiter de la sorte l’une des plus grandes puissances offensives jamais vues, tournant à plus de 30 points à domicile en moyenne, est possiblement le plus gros exploit de l’histoire des playoffs.

Par la suite, l’escouade se maintient parmi l’élite mais c’est véritablement en 2002 que tout s’aligne. Ainsi, quand il est question du titre, le mérite n’en revient pas qu’à GRUDEN ; la consécration porte en grande partie le sceau de Tony DUNGY.

Effectif

Un joueur vient immédiatement en tête. Membre le plus connu tant par son talent que son caractère, le Hall of Famer Warren SAPP est installé en 3-tech, alignement à partir duquel il chamboule les attaques adverses. Agressif face au guard dans son intervalle, il est le premier dans le backfield pour stopper la course et dispose du chemin le plus court vers le quarterback. Son positionnement et son explosivité lui permettent parfois de dérégler l’assaillant à lui seul. À ses côtés, « Booger » McFARLAND (puis Chartric DARBY après sa blessure) occupe le centre et bouche le milieu.

Sur l’extérieur, on retrouve un Greg SPIRES très physique, plutôt chargé de contenir les courses et la poche, et le très élégant Simeon RICE. Véritable phénomène au poste de rusher, il a besoin d’une demi-saison en 2001 pour s’habituer à son nouveau rôle qui l’oblige à aussi jouer la course. Impérial fin 2001, son année 2002 est un véritable florilège et il crève souvent l’écran. Techniquement au point avec ses mains, son activité bénéficie de sa capacité à changer rapidement de direction. Pris à revers, il est capable en un éclair de se retourner et de fondre sur le running back. Auteur de 15,5 sacks et 12 plaquages pour perte, il survole la phase régulière avant de monter encore en puissance lors des playoffs. Si la star du front four est Warren SAPP, Simeon RICE en est sans doute l’élément prépondérant.

Derrière, Shelton QUARLES occupe un poste critique de middle linebacker qui l’oblige à exceller contre la passe et la course. La moindre erreur de sa part expose le cœur de la troupe. Côté fort, Alshermond SINGLETON se charge des zones intermédiaires. Ingrat, son positionnement attire les blocs. Quand il ne couvre pas, son travail consiste à les réorienter pour rediriger le trafic vers ses acolytes du milieu. En Will se trouve le maillon essentiel. Monstrueux contre la course et encore plus la passe, le Hall of Famer Derrick BROOKS révolutionne un poste à qui, désormais, on ne demandera plus puissance et taille mais plutôt mobilité et vitesse. Ses prédispositions extrêmement rares en couverture propulsent le onze dans une autre dimension. Rarement pris à défaut, il collectionne plaquages, interceptions mais aussi touchdowns (cinq + un rappelé au cours de la campagne 2002). Souvent imité depuis, jamais égalé dans son domaine.

Chez les cornerbacks, aux côtés de l’opportuniste Brian KELLY (leader NFL aux interceptions avec huit), Ronde BARBER éclabousse le secondary de son talent. Véritable couteau suisse, il excelle sur les tracés intermédiaires et empile les passes déviées. Toujours prompt à réagir, il touche le ballon une trentaine de fois entre la saison régulière et les playoffs. Gros cogneur, le strong safety John LYNCH terrorise receveurs et tight ends s’aventurant entre les numéros. Généralement en retrait au départ de l’action, il ne manque pas l’occasion de descendre en trombe dans la boîte ou de converger vers le trafic pour asséner des chocs dévastateurs. Son lieutenant Dexter JACKSON se transforme en playmaker polyvalent. Fiable, solide, il termine l’année de sa vie avec deux interceptions au Super Bowl synonymes de MVP.

Fonctionnement de la défense

Tout commence par un front seven en 4-3 dit under (davantage de détails ici). La ligne asymétrique met en valeur son 3-tech, Warren SAPP en l’occurrence, qui ne se concentre que sur un intervalle ; cela facilite l’expression de son potentiel disruptif. Booger McFARLAND est placé au centre. Greg SPIRES, installé en 5-tech, subit les prises à deux. À l’opposé, Simeon RICE évolue en pur pass rusher. Magicien quand il s’agit de chasser le quarterback, il se montre compétent quand il s’agit de stopper la course. Une ligne disciplinée, appliquée et performante est la condition indispensable pour une Tampa 2 efficace. En effet, en raison de la répartition précise des zones à couvrir, il est préférable de n’allouer que sept hommes à la boîte. Additionné au faible taux de blitzes, cela requiert donc pression et strict respect des responsabilités vis-à-vis de son intervalle de la part du front four.

Très fortement inspirĂ© d’une cover 2 classique, la Tampa-2 emprunte Ă  sa grande soeur en essayant de corriger ses dĂ©fauts.

Cover 2 classique, les zones rouges indiquent les faiblesses de la formation dans le fond du terrain

Pour effectuer cela Kiffin et Dungy dĂ©cident d’envoyer le Middle LineBacker « Down the pipe ». C’est Ă  dire couvrir la zone intermĂ©diaire entre les deux zones des Safety dans le fond du terrain. L’excellent travail en couverture de Shelton Quarles permet Ă  John Lynch et Dexter Jackson d’avoir moins de terrain Ă  couvrir et de se concentrer sur les sideline, un gros point faible de cette stratĂ©gie dĂ©fensive. Grossièrement la Tampa 2 est une cover 2 en apparence qui Ă©volue en couverture 3 oĂą le MIKE sert de Free Safety.

Will et Sam s’occupent des zones « underneath » (« en dessous », entre les premier et deuxième rideaux). L’agencement met parfaitement en valeur le côté faible. Moins concerné par les blocs de tight ends et fullbacks que ses deux autres compères, Derrick BROOKS peut facilement lire les jeux et choisir de foncer boucher son intervalle ou décrocher en couverture. De plus, le système est conçu de sorte à renvoyer les courses vers lui. Ainsi, dans la Tampa 2, il est courant voire naturel que le Will ait plus de plaquages que le Mike.

Les cornerbacks, chargĂ©s des zones extĂ©rieures, doivent Les cornerbacks doivent ĂŞtre des plaqueurs douĂ©s car en l’absence d’ouverture dans l’axe, les courses peuvent rebondir Ă  l’extĂ©rieur. Par ailleurs, ils doivent aussi empĂŞcher les receveurs de s’échapper sur des tracĂ©s courts. Avant le snap, ils s’alignent en retrait de la ligne de scrimmage pour Ă©viter les blocs. Brian KELLY et Ronde BARBER sont les titulaires en base. En nickel, Monte KIFFIN reconduit une expĂ©rimentation fructueuse de 2001 : BARBER glisse dans le slot afin d’exploiter ses capacitĂ©s de playmaker. Son profil et cet ajustement tactique ajoutent de la fantaisie, autorisant notamment les multiples nickel blitzes. Le cornerback numĂ©ro trois, Dwight SMITH en 2002, le remplace alors sur l’extĂ©rieur.

Pour finir Jackson et Lynch se partagent le fond du terrain, alignés tres éloignés de la ligne de scrimmage il leur faut beaucoup de vitesse pour venir aider contre la course.

La Tampa-2 est une dĂ©fense qui plie mais ne rompt pas. Sa capacitĂ© Ă  Ă©liminer les routes intermĂ©diaires vient avec une difficultĂ© Ă  dĂ©fendre les trajectoires de passes qui s’aventurent derrière les linebacker. Il arrive donc parfois que cette dĂ©fense autorise des gros gains surtout quand le front four n’arrive pas Ă  gĂ©nĂ©rer assez de pression. Chaque joueur doit ĂŞtre parfait dans ce système, ce qui explique les dĂ©clinaisons horribles de cette dĂ©fense que la NFL a pu voir les annĂ©es d’après. Sans un effectif all-star, la Tampa-2 peut vite devenir permĂ©able Ă  la course et aux longues passes.

Bilan de la saison

  • 12-4 en saison rĂ©gulière
  • Meilleure dĂ©fense aux yards, aux points et Ă  la passe
  • 31 interceptions
  • 10 TD concĂ©dĂ©s Ă  la passe et 8 Ă  la course
  • 155,6 Yards Ă  la passe concĂ©dĂ©s par match

Les 3 grosses performances

Week 14 – Atlanta Falcons (8-3-1) – Raymond James Stadium

Après s’ĂŞtre fait une première fois humilier par la dĂ©fense des Buccaneers en dĂ©but de saison, la 5ème attaque de la ligue menĂ©e par le nouveau phĂ©nomène Michael Vick entend bien prendre sa revanche. Peu dangereuse Ă  la passe mais redoutable au sol, cette Ă©quipe des Falcons n’a plus perdu depuis sa dernière rencontre avec les Buccs. Dans une NFC South assez relevĂ©e, les hommes de Dan Reeves ont l’occasion de revenir Ă  une victoire de ceux de Jon Gruden.

Sur la première sĂ©rie, Derrick Brooks donne le tempo. En deux play il anĂ©anti la force principale de cette attaque d’Atlanta. Sur le premier jeu du match, il fonce dans son gap pour stopper le full back Bob Christian dans un plaquage plein d’autoritĂ©. En 3ème down la poche s’Ă©croule et Vick tente de s’Ă©chapper par le milieu, mais il est cueilli un yard plus loin par le numĂ©ro 55. « Three and out »: le rĂ©sumĂ© de ce match.

Les Falcons gagneront 180 yards au total dont la moitié viendront alors que le match est déjà joué. Vick sera intercepté une fois et ne gagnera que 9 yards en 6 courses. Brooks quant à lui finira son après-midi hors normes avec 10 plaquages (validant la place des Buccaneers en Play Off), statistique rendant peu hommage à la hauteur de sa performance.

NFC Championship – Philadelphia Eagles (12-4) – Veterans Stadium

HabituĂ©s des Play off depuis trois saison, les Eagles ont comme l’annĂ©e d’avant l’occasion d’accĂ©der au Super Bowl, en se hissant sur la plus haute marche de la NFC. ÉliminĂ©s Ă  ce stade de la compĂ©tition, par les Rams en 2001, ils reviennent Ă  ce niveau grâce Ă  un Ă©quipe ultra complète s’appuyant sur une attaque et une dĂ©fense top 5. MenĂ©s par Donovan McNabb, Duce Staley et le cerveau Andy Reid, les Eagles ont dejĂ  battu les Buccs en Week 7 profitant des terrains courts offerts par l’escouade de Brian Dawkins.

Simeon Rice et Warren Sapp face Ă  Donovan McNabb

Le match commence dans la mĂŞme veine que celui de saison rĂ©gulière. Après un retour de coup de pied de 70 yards de Brian Mitchell, Duce Staley roule sur la dĂ©fense des Rouges, et plonge dans la peinture 20 yards plus loin. Le match est lancĂ©…En tout cas pour les Buccs, car les Eagles ne retrouveront plus la end zone. Ils ne marqueront qu’un autre field goal sur un drive qui commencera dans les 40 adverses. Quand l’attaque commence dans son camp, le bilan est sans appel: 7 punts, 2 fumbles perdus, une interception retournĂ©e pour un touchdown et un turnover on down.

Ronder Barber sur son pick six validant la place des Buccaneers pour le Super Bowl

Si la dĂ©fense est excellente dans son ensemble, la dĂ©route des aigles est incarnĂ©e par un seul homme: Ronde BARBER. Dans une des prestations les plus abouties de l’histoire par un defensive back Ă  ce stade de la compĂ©tition, le joueur ne dĂ©passant pas 1m80 dĂ©vie 4 fois le ballon, provoque un fumble et retourne une interception pour 92 yards tuant le match. 3 de ses passes dĂ©fendues constitues des stop dĂ©fensifs et son fumble est le rĂ©sultat d’un blitz magistralement exĂ©cutĂ©. Ă€ 3 minutes et 22 secondes du terme, Philadelphie peut revenir Ă  -3. Ă€ dix yards de la terre promise, en 1st&goal, la machine semble enfin marcher. Feinte de blitz, Ronde BARBER recule dans la zone intermĂ©diaire oĂą il a rĂ©gnĂ© sans partage toute la soirĂ©e et se jette sur la passe courte Ă  destination de la route hot. 92 yards plus loin, il fait dĂ©finitivement taire le Veterans Stadium et offre Ă  Tampa Bay sa première apparition au Super Bowl.

Super Bowl – Oakland Raiders (11-5) – Qualcomm Stadium

Les Raiders se disputent le titre de meilleur attaque de la ligue avec les Chiefs. Mais alors que les hommes du Kansas se basent sur un jeu au sol redoutable incarnĂ© par Priest Holmes, celle de Oakland est ce qu’il se fait de mieux dans les airs cette saison. Rich Gannon sort tout juste d’un titre de MVP venant rĂ©compensĂ© une saison Ă  presque 4700 yards, 26 TD et seulement 10 interceptions.  Pour l’aider, des cibles de choix, accessoirement duo de Hall of Famers : Jerry RICE (1200 yards l’annĂ©e de ses 40 ans) et Tim BROWN (930 yards). Le running back Charlie Garner engrange 900 yards au sol mais atteint Un quatuor complĂ©tĂ© par le running back Charlie GARNER, auteur d’une saison Ă  900-900. L’attaque arrive pleine de confiance après avoir collĂ© respectivement 30 et 40 pions durant les playoffs AFC.

Comme en finale de conférence, la défense des Bucs commence sur un terrain court. En effet, sur le troisième jeu, Charles WOODSON intercepte Brad JOHNSON et rejoint les 36 ennemis. Simeon RICE délivre le premier avertissement du match : après un magnifique swim move, il met Rich GANNON à terre et limite les Raiders à trois points, les seuls marqués jusqu’à la fin du troisième quart temps. Sur les neuf drives suivants, aucun ne dépasse les 20 yards, cinq se finissent par un punt et trois par des interceptions. Sacké et intercepté cinq fois, le quarterback est désabusé par la qualité du pass rush et de la couverture. Rien par les airs, rien par le sol non plus, en témoigne les 19 yards en 11 courses.

Dans le garbage time, les Raiders « débloquent » leur compteur. Premièrement sur un touchdown extrêmement litigieux de Jerry PORTER. Alors que ses deux pieds touchent le fond de l’en-but, il n’a pas un contrôle total du ballon. Deuxièmement sur un touchdown valable où Jerry RICE s’échappe dans la seam axiale profonde, une zone occupée par le remplaçant d’un Shelton QUARLES soigné sur le banc. Qu’importe puisque la défense rend coup sur coup. Dans les dernières minutes, les anciens protégés de Tony DUNGY inscrivent consécutivement deux pick six. Le deuxième, celui de Dwight Smith, résulte d’une passe déviée sur la ligne par Greg SPIRES. Le premier est l’œuvre de l’âme du groupe, dans une merveille d’anticipation. Ne quittant jamais le passeur des yeux, Derrick BROOKS sort de sa zone pour couper une trajectoire. 44 yards plus loin, le DPOY offre aux siens l’unique Super Bowl de leur histoire.

L’Ă©tude Statistique

Méthode

Vous pouvez retrouver la mĂ©thode de l’Ă©tude Ă  ce lien: https://frenchfootballstats.sport.blog/2020/04/28/secret-defense-0-la-methode/

Un petit rappel des donnĂ©es utilisĂ©es que j’ai calculĂ©.

IPP: Indice de Performance aux Points, indique le diffĂ©rentiel entre le nombre de points par drive qu’aurait dĂ» scorer l’attaque adverse et le nombre qu’elle a en rĂ©alitĂ© inscrit. Plus le % est important plus la performance dĂ©fensive est impressionnante.

IPY: La mĂŞme chose que l’IPP mais avec les Yards Par Drive.

IPP Opp: Ce chiffre sert Ă  mesurer le niveau de l’attaque affrontĂ©e en terme de points par drive par rapport Ă  la moyenne de la ligue. Plus le % est important plus l’attaque affrontĂ©e est forte. Souvent appelĂ© indice de difficultĂ© dans les articles

IPY Opp: La mĂŞme chose que l’IPP Opp mais avec les Yards Par Drive.

Niveau des attaques affrontées

En terme de calendrier les Buccaneers font face de nombreuses attaques notables. Avec deux grosses attaques dans la division (Saints et Falcons), 8 des 16 matchs sont face Ă  des adversaires largement au dessus de la moyenne en points par drive. A noter que si les Rams n’apparaissent pas au dessus de la moyenne, c’est en grande partie Ă  cause de la blessure de Kurt Warner, pourtant bien prĂ©sent lors de l’affrontement face Ă  Tampa Bay.

Pour les Play-Off elle affronte 3 très bonnes attaques dont la meilleure de la ligue au Super Bowl. Avec un indice de difficulté de +16,92% aux yards par drive, elle a le parcourt le plus difficile en post season des 10 défenses étudiées.

Performances générales

En rouge l’Indice de Performance aux Points, donc comment la DĂ©fense a performĂ© face Ă  chaque attaque. En gris le niveau de chaque attaque donnĂ© par l’IPP Opp

Fait incroyable, la dĂ©fense n’enregistre aucun indice de performance aux points nĂ©gatifs face Ă  un bon adversaire. Elle ne contre-performe qu’une fois face Ă  Detroit en fin de saison. Elle poste un IPP total de +46,41% sur la saison rĂ©gulière la plaçant deuxième, seulement battue par les Patriots 2019 et leur calendrier historiquement simple. Quand on regarde l’IPP en Play-Off (+65,82%) , elle se place aussi deuxième derrière les Ravens 2000. Sur l’ensemble des 19 matchs qu’elle joue, 14 ont un IPP supĂ©rieur Ă  35% et 12 sont supĂ©rieurs Ă  40% ! En PO son plus faible total est un indice de 57%, dans un match oĂą les Raiders inscrivent un TD litigieux et un en fin de match qui ne vaut rien.

En rouge l’Indice de Performance aux Yards, donc comment la DĂ©fense a performĂ© face Ă  chaque attaque. En gris le niveau de chaque attaque donnĂ© par l’IPY Opp

MĂŞme constat quand on s’intĂ©resse aux Yards par drive, Tampa ne contre-performe presque jamais. MalgrĂ© un calendrier extrĂŞmement relevĂ©, elle inscrit un IPY de 26%, 3ème meilleur total des 10 dĂ©fenses, enchaĂ®nant 5 matchs Ă  plus de 40%. En PO, hĂ©ritant du calendrier le plus dur dans ce domaine elle se classe deuxième avec un IPY de +39,6%. Des chiffres ahurissants.

Décomposition Drive par Drive

En situation neutre, les floridiens n’autorisent des points que sur 15,7% de leur drive la laissant seule au sommet des dĂ©fenses concernĂ©es. Sur l’ensemble de la saison elle ne concède que 12 TD dans cette position (7,84% 2ème). Avec ses 31 interceptions elle se place Ă  la 3ème place, forçant un turnover sur 19,05% de ses drive.

Conclusion

Historiquement dominante face Ă  un calendrier extrĂŞmement relevĂ©, les Buccaneers de 2000 font sans conteste partie des meilleures dĂ©fenses de l’histoire. En plus de faire systĂ©matiquement dĂ©jouer les grosses attaques qu’elle rencontre en saison, son parcours en Play Off est ahurissant. Elle n’y prend que 3 TDs: un sur terrain court, un deuxième qui n’aurait pas dĂ» ĂŞtre validĂ© et un troisième en toute fin de Super Bowl alors qu’une partie de l’Ă©quipe type n’est pas sur le terrain … Par ailleurs elle en inscrit 4 elle-mĂŞme, plus un cinquième rappelĂ© pour une pĂ©nalitĂ© n’influençant en rien l’action.

Inspirés par des concepts qui ont fait leurs classes dans les années 70 / début des années 90, le couple DUNGY-KIFFIN les mélangent et les actualisent. Quatre joueurs concentrés à plein temps sur le lanceur et le coureur, les sept autres sur la couverture, il est exigé des onze discipline, mobilité, QI football et coopération, surtout au moment de remplir ses obligations face à des adversaires qui permutent, changent de zone, décrochent… À cet effet, nul n’est plus qualifié que Derrick BROOKS pour symboliser cette (r)évolution. Jusqu’alors, aucun linebacker à ce poste ne possédait de telles qualités. Impérial dans son jardin, capable de couvrir tout type de joueur, le plus impressionnant est que son aisance dans l’espace ne nuit pas à l’impact physique nécessaire pour contrarier la course. Au contraire, son habileté à naviguer entre les lignes lui permet de plonger dans son intervalle en évitant les blocs sur sa route. Physique, rapide, agile, mobile, presque doué d’ubiquité… À l’image de sa défense. Derrick BROOKS / Tampa 2, des avions de chasses règnent au royaume des chars d’assaut.

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Tous les Yards ne sont pas Ă©gaux

Introduction aux EP et EPA

Le 29 Septembre 2019 les Texans affrontent les Panthers. Sur leur première série, les joueurs de Houston se retrouvent en 3ème tentative et 1 yards à parcourir. Carlos Hyde prend le ballon, parcourt 3 yards avant de se faire plaquer par Luke Kuechly. Plus tard dans la même mi-temps, les Panthers font aussi face à une troisième tentative mais il y a cette fois ci 14 yards à parcourir. McCaffrey hérite du ballon et arrive à gagner 13 yards avant que Justin Reid mette fin à sa course. On peut se demander quelle est la meilleure course entre les deux ?

Si on se fie aux statistiques souvent diffusĂ©es par les mĂ©dias traditionnels, le run de McCaffrey est bien meilleur, il a gagnĂ© 4 fois plus de yards sur cette course que Hyde en a gagnĂ© sur la sienne. Mais est ce bien vrai ? Le run de McCaffrey a beau avoir fait gagner 13 yards il a mis fin Ă  la sĂ©rie, il n’a pas permis d’obtenir le first down. De plus si il a pu parcourir 13 yards c’est en partie grâce Ă  la dĂ©fense des Texans qui ne s’attendait pas une course. En revanche la course de Hyde a permis, elle, d’obtenir un first down ce qui permet de continuer le drive et d’avoir une plus grande chance d’obtenir des points. Sur cet exemple cela nous semble absurde de considĂ©rer qu’une course est meilleure que l’autre juste sur le nombre de yards… et bien c’est pourtant ce qu’il se passe rĂ©gulièrement quand on lit des comparaisons de joueurs basĂ©s sur leur total de yards (si on a de la chance on nous donne le volume pour avoir un semblant de contexte). Tous les yards ne sont pas les mĂŞmes, et c’est de ce postulat que commence la crĂ©ation des Expected Points.

Mais c’est quoi exactement les Expected Points ?

Pour une situation donnée précédent un play, les EP donnent la probabilité du prochain événement. Les 7 événements possibles sont:

  • Touchdown (7 points)
  • Field Goal (3 points)
  • Safety de l’adversaire (2 points)
  • Aucun point (0)
  • Safety (-2 points)
  • Field Goal de l’adversaire (-3 points)
  • Touchdown de l’adversaire (-7 points)

Le calcul des Expected Points se fait donc comme ceci :

EP = 7*P(TD) + 3*P(FG )+2*P(OppSafety) + 0*P(Aucun Point) – 7*P(Opp.TD) – 3* P(Opp.FG) – 2 P(Safety)

(P(TD) est la probabilitĂ© de marquer un TD sur le play suivant et P(Opp.TD) la probabilitĂ© que ce soit l’adversaire qui en marque un)

La question est donc: comment sont calculĂ©es ces probabilitĂ©s ? Et bien grâce aux centaines de milliers de play qui ont eu lieu prĂ©cĂ©demment en NFL. Grossièrement, si une Ă©quipe est en 2nd&5 sur ses 35 yards, on regarde toutes les situations similaires qui ont eu lieu lors des 10 dernières annĂ©es, et on regarde combien de fois le play d’après a abouti sur un TD, un FG etc… C’est une façon très simplifiĂ©e de voir les choses mais qui rĂ©sume bien le principe de cette statistique.

Il s’agit plus prĂ©cisĂ©ment d’un modèle de rĂ©gression logistique multinomial gĂ©nĂ©rant des probabilitĂ©s pour les sept types possibles d’évĂ©nements qui peuvent arriver durant la mi-temps. Plus la valeur des EP est grande plus la probabilitĂ© de marquer des points est importante pour l’Ă©quipe qui a la balle.

La plupart des modèles de calcul d’EP se basent sur un plus de facteurs que l’exemple que j’ai pris plus haut. On retrouve gĂ©nĂ©ralement:

  • La distance Ă  l’en-but adverse
  • Le down
  • Le nombre de yards Ă  parcourir pour obtenir un first down
  • Un indicateur pour savoir si on est en 2 minutes warning ou non

Mais le modèle pondère aussi chaque donnĂ©e par le diffĂ©rentiel au tableau d’affichage. En effet il n’est pas rare que des Ă©quipes qui mènent largement au score se relâchent et permettent Ă  l’Ă©quipe adverse de marquer quelques points qui n’ont finalement aucune valeur. Plus une Ă©quipe est loin au tableau d’affichage moins ce qu’elle va faire aura une valeur ajoutĂ©e sur l’aboutissement du match.

Je vous mets ci dessous la valeur des EP pour les diffĂ©rents down en fonction de la zone du terrain oĂą l’on se situe. Les graphes proviennent d’un article de Ron Yurko un des plus grand contributeurs Ă  la dĂ©mocratisation de cette statistique. Je vous invite Ă  lire ses travaux pour ceux qui voudraient plus de dĂ©tail: https://www.cmusportsanalytics.com/nfl-expected-points-nflscrapr-part-1-introduction-expected-points/

Sur les graphes ci dessus on voit par exemple que si l’on est en 4ème down près de l’en-but adverse, la probabilitĂ© de marquer un field goal est très Ă©levĂ©e, parce que les Ă©quipes optent en gĂ©nĂ©ral pour un coup de pied dans cette situation.

Mais quel rapport avec la valeur et l’efficacitĂ© d’un joueur ? Et bien c’est ce que nous allons voir avec les EPA (Expected Points Added)

Comprendre les Expected Points Added

Maintenant que l’on a dĂ©fini les EP, le calcul des EPA est en fait très simple. Imaginons que nous sommes en 1st Down & 10 sur nos 25 yards. Comme nous l’avons vu dans la première partie, cette situation a une valeur d’EP qui lui est propre (Appelons la EP(1) ). Sur ce premier Down notre quarterback va complĂ©ter une passe de 5 yards nous amenant donc en 2nd Down & 5 sur nos 30. Cette situation a elle aussi une valeur d’EP attitrĂ©e ( EP(2) ). Et bien la valeur en EPA de ce jeu est simplement la diffĂ©rence d’ EP entre les deux situations.

EPA = EP(1) – EP(2)

Ainsi on sait vraiment ce que vaut cette passe. Plus la valeur d’EPA d’un play est grande plus ce play donne de chance d’aller marquer des points. On peut donc pour un joueur donnĂ©, regarder Ă  combien d’EPA il a contribuĂ© durant le match (en les additionnant) et diviser le total par son nombre de play. On a ainsi une vraie valeur de l’efficacitĂ© d’un joueur qui ne prend pas en compte les yards et situations superflues.

Si l’on reprend notre exemple du dĂ©but, la course de Hyde vaut 0,08 EPA alors que celle de McCaffrey -0,1 ( la valeur est nĂ©gative car dans cette situation, en n’obtenant pas le first down, c’est l’adversaire qui a le plus de chance de de marquer les prochains points). Une rĂ©partition bien plus juste que celle donnĂ©e par le nombre de yards.

Limites du modèles

La principale limite est que le modèle ne prend pas en compte les joueurs présents sur la pelouse (chose impossible à faire avec les bases de données accessibles), à priori la probabilité de scorer peut varier avec la qualités des joueurs sur le terrain.

De plus comme toute statistique elle n’est pas absolue, si on l’utilise pour quantifier l’efficacitĂ© d’un QB par exemple, elle ne donne en aucun cas l’impact du système, le niveau de la ligne offensive etc… Il faut avoir une idĂ©e de ce qu’elle reprĂ©sente quand on l’utilise (c’est valable pour toutes les statistiques).

Conclusion

Avec cette statistique on peut donc avoir une vraie idĂ©e de ce qu’apportent les joueurs sur le terrain, en prenant en compte: le contexte de la possession, la diffĂ©rence au tableau d’affichage etc… Ces donnĂ©es sont obtenues sans se baser sur des statistiques fallacieuses comme le nombre total de yards ou de TD qui ne veulent finalement pas dire grand chose. Et ça, c’est une bonne nouvelle.

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Secret DĂ©fense #0: La mĂ©thode

Dans cette nouvelle sĂ©rie d’articles nous allons comparer 10 dĂ©fenses marquantes du XXIème siècle.

  • Ravens 2000
  • Titans 2000
  • Buccanneers 2002
  • Bears 2005
  • Steelers 2008
  • Jets 2009
  • Seahawks 2013
  • Broncos 2015
  • Jaguars 2017
  • Patriots 2019

Il faut savoir que sur toute l’Ă©tude je me base sur les points et yards par drive(appelons les YPD et PPD). Je prĂ©cise bien par drive car de façon brutes elles n’ont que peu de valeurs. J’ai moi mĂŞme ajustĂ© les statistiques par drive en comptant les field goal râtĂ©s dans les points encaissĂ©s (j’ai bien entendu exclu les kneeldown).

PrĂ©sentation de l’Ă©tude

Le travail sera prĂ©sentĂ© sous forme de 10 articles, donnant pour chaque dĂ©fense tout d’abord un partie plus littĂ©rale: un contexte historique, l’explication du système dĂ©fensif, les 3 performances les plus marquantes. Et enfin une partie plus statistique reposant sur l’Ă©tude de la difficultĂ© du calendrier, la performance face Ă  chaque adversaire, les performances en situation neutre etc…

La sĂ©rie d’articles sera conclue par un article rĂ©capitulatif comparant les donnĂ©es statistiques de ces 10 dĂ©fenses.

Indice de performance

1) Calculer la force d’un adversaire

Pour cela on va regarder la moyenne de la ligue en terme de YPD et PPD et calculer l’augmentation de chaque attaque par rapport Ă  la moyenne de la ligue. Ce sera donc une valeur en pourcentage qui nous servira Ă  Ă©tablir la difficultĂ© du calendrier en gommant les diffĂ©rences d’Ă©poques causĂ©es par l’inflation offensives des dernières annĂ©es.

On obtient deux statistiques l’IPP Opp(Indice de Performance aux Points de l’Opposant) et l‘IPY Opp (Indice de Performance aux Yards ) pour traduire cette augmentation.

Remarque: Il aurait fallu normalement retirer du total d’une attaque, les performances contre la dĂ©fense qu’on Ă©tudie. Mais sur une Ă©tude de 10 dĂ©fenses cela reprĂ©sente la dĂ©composition des drives de plus de 160 Ă©quipes, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de ne pas avoir poussĂ© jusque lĂ .

2) Calculer la performance sur un match: IPP et IPY

On va pour chaque match regarder combien de PPD et YPS l’attaque adverse a rĂ©alisĂ© contre la dĂ©fense que l’on Ă©tudie. Et on va calculer l’augmentation par rapport Ă  ce qu’elle inscrit en temps normal. Par exemple si l’attaque affrontĂ©e score en moyenne 2 points par drive et que sur le match contre notre dĂ©fense elle n’en score que 1, l’Indice de Performance aux Points (IPP) sera de (2-1)/2, d’oĂą IPP=50%. On peut faire la mĂŞme chose avec les yards (IPY). On sait pour chaque match comment la dĂ©fense a performĂ© par rapport au niveau de son adversaire

3) Calculer la performance sur l’ensemble de la saison: IPPT et IPYT

De la mĂŞme façon que l’on a calculĂ© l’indice sur un match on le fait sur l’ensemble de la saison. On regarde combien la dĂ©fense aurait dĂ» prendre de points ou de yards par drive sur la saison et combien elle en a effectivement pris. On peut ainsi calculer l’augmentation sur l’ensemble de la saison. IPPT (Indice de Performance aux Points Total) et IPYT

Evaluer la défense en situation neutre

Une dĂ©fense peut ĂŞtre très vite handicapĂ©e par son attaque. En effet si elle est mauvaise elle donne des positions dĂ©favorables Ă  la dĂ©fenses et des terrains courts Ă  dĂ©fendre. Pour effacer cela, j’ai regardĂ© l’issue de chaque drive en fonction de la zone du terrain oĂą ils avaient commencĂ©. J’ai dĂ©composĂ© entre les drive commençant dans les 40 adverses (les situations neutres) et ceux Ă  l’extĂ©rieur des 40 (les situations favorables). J’ai ensuite comparĂ© par rapport Ă  ce qu’il se faisait dans ces catĂ©gories par les autres Ă©quipes pour avoir la moyenne de la saison et calculer l’Ă©cart Ă  la moyenne pour encore une fois gommer les diffĂ©rences d’Ă©poque.

Je n’exclue pas plus tard de faire un dĂ©composition plus fine. Afin par exemple de donner du crĂ©dit aux dĂ©fenses qui ne lâchent q’un field goal en situation plus que dĂ©favorable, ou mĂŞme celles qui arrivent Ă  complĂ©tement inverser la vapeur. De la mĂŞme façon je pense rĂ©duire la zone neutre aux 15-35 yards adverse.

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Comparer les receveurs

Comment Ă©valuer un receveur ? Certains se fieront toujours aux yards, d’autres aux yards par catch ou par target. Malheureusement ces statistiques ne reprĂ©sentent qu’une partie du tableau. Le nombre de yards est directement impactĂ© par le nombre de target. Le nombre de yards par target bien qu’il puisse sembler pertinent comporte de nombreuses failles. Un receveur n’attrapant la balle que quelques fois mais faisant de gros gains performera bien plus dans cette catĂ©gorie que les meilleurs joueurs de la ligue. Pourtant si ces derniers sont souvent ciblĂ©s c’est bien pour une raison. De plus, plus un receveur est ciblĂ© plus il affronte le gratin dĂ©fensif de l’Ă©quipe adverse ce qui rend son travail extrĂŞmement plus difficile. Pour essayer de prendre en compte tout cela il existe des alternatives.Aujourd’hui je vais vous parler de deux statistiques crĂ©es par Josh Hermsmeyer, un analyste qui a Ă  la base dĂ©veloppĂ© ces notions pour les amateurs de fantasy football, dans le but de prĂ©dire la production d’un receveur d’une annĂ©e Ă  l’autre.

StabilitĂ© des « Yards per Target » d’une annĂ©e Ă  l’autre.
Ici on peut voir que le coefficient de détermination est plutôt faible (0,29)

1. Comprendre la notion de Total Air Yards

Pour ceux qui ont lu nos travaux sur les Quarterbacks, vous ĂŞtes dĂ©jĂ  familiers avec la notion de Air Yards : le nombre de yards que parcourt la balle dans les airs. C’est une statistique que j’affectionne tout particulièrement, car mis en perspective elle donne une idĂ©e assez prĂ©cise du profil d’un Quarterback et de son système offensif. Dans le cas du receveur elle est utilisĂ© diffĂ©remment.

Comme Ă©voquĂ© dans l’introduction un Receveur qui est beaucoup ciblĂ© ne l’est pas pour rien, il faut donc prendre en compte cet aspect dans la notation (en rĂ©alitĂ© un receveur peut ĂŞtre ouvert et non ciblĂ© et inversement, gardez en tĂŞte que ce n’est qu’une statistique qui permet de donner une image approchĂ©e de la rĂ©alitĂ© pas l’exacte vĂ©ritĂ©).

Pour cela nous allons dĂ©finir la notion de Total Air Yards. Au lieu de juste compter les yards qu’a parcouru une balle dans les airs avant d’ĂŞtre attrapĂ©e par un receveur donnĂ© on va aussi considĂ©rer les cas oĂą il n’attrape pas la balle.

Par exemple, prenons un receveur que nous appellerons WR#1

  • WR#1 rĂ©alise son premier catch sur un ballon ayant parcouru 15 yards dans les airs, puis il en gagne 5 au sol
  • WR#1 est visĂ© sur une passe de 10 yards mais la balle tombe au sol

WR#1 a donc gagnĂ© 15+10 total air yards… tout le monde suit ?

Bien on peut passer Ă  la suite

2. Calculer l’efficacitĂ© d’un receveur avec le Receiver Air Convertion Ratio (RACR)

Savez vous comment on juge la qualitĂ© d’une statistique dans ce type d’Ă©tude ? Principalement Ă  sa capacitĂ© a prĂ©dire la suite des Ă©vĂ©nements. On va regarder les statistiques de chaque receveur Ă  l’annĂ©e Y et Y+1 et regarder la corrĂ©lation entre les deux. Et bien Ă  ce petit jeu figurez vous que le RACR est 2 fois plus stable que les yards par target ! Mais je m’avance un peu trop. Tout d’abord qu’est ce que c’est que le RACR.

Le RACR c’est le nombre total de receiving yards divisĂ©s par le nombre total de air yards que l’on a dĂ©fini prĂ©cĂ©demment.

Pour ceux qui sont aussi familiers avec la notion de aDoT (average depth of target, c’est Ă  dire la profondeur moyenne Ă  laquelle est visĂ© un receveur) on obtient :

RACR= Receiving yards / Total Air yards = Yards per target / aDoT

Si l’on devait traduire cette statistique littĂ©ralement ce serait le nombre de yards qu’un receveur arrive Ă  produire pour chaque yards lancĂ© vers lui. C’est donc une statistique exprimant l’efficacitĂ© d’un receveur qui prend autant en compte son cĂ´tĂ© « aĂ©rien » mais aussi sa capacitĂ© Ă  gagner des yards après la rĂ©ception.

Le problème des statistiques traduisant l’efficacitĂ©, c’est qu’elle sont rarement stables d’une annĂ©e sur l’autre, ce qui n’est pas le cas de celle ci comme Ă©voquĂ© plus haut. Avec un coefficient de dĂ©termination de 0,4, l’efficacitĂ© de l’annĂ©e Y explique 40% de l’efficacitĂ© de l’annĂ©e Y+1 (seulement 8% pour les Yards par Target).

Coefficient de corrélation et de détermination pour les différentes statistiques.
Plus on se rapproche de 1 plus la statistique est stable

En utilisant le RACR et le aDoT on peut estimer le nombre de yards que va gagner un receveur l’annĂ©e d’après.
Si on a une idĂ©e du nombre de rĂ©ceptions qu’il va pouvoir realiser on a juste Ă  multiplier ce nombre par son aDoT gĂ©nĂ©ral et son RACR gĂ©nĂ©ral pour obtenir une valeur approchĂ©e de son futur total de yards. C’est une technique extrĂŞmement sommaire, qui est aujourd’hui, perfectionnĂ©e par de nombreux algorithme, mais qui peut vous donner de bonne estimations très facilement.

3. Donner du poids aux opportunités avec le Weight Opportunity Rating (WOPR)

Comme expliquĂ© prĂ©cĂ©demment, on peut considĂ©rer les opportunitĂ©s d’un receveur comme outil d’Ă©valuation. Il est impossible de juger l’ensemble du travail et des qualitĂ©s d’un receveur, mais son impact sur l’Ă©quipe est traduit par la confiance que le QB place en lui. Pour cela on crĂ©e une mesure qui prend en compte le taux de target du receveur par rapport au reste de l’Ă©quipe (Si il y a 4 receveur et que chacun attrape 100 passes sur les 400 complĂ©tĂ©s, chacun Ă  un Taux de target ou Target Market Share de 25%), et le taux de total air yards du receveur par rapport au total de l’Ă©quipe.

La formule qui suit a été déterminé empiriquement pour que les meilleurs receveurs aient un WOPR entre 0,70 et 0,80

WOPR=1,5 Target Market Share + 0,7 Air Yards Market Share

Bien sĂ»r cette statistique est loin d’ĂŞtre parfaite, la note peut ĂŞtre boostĂ© si un receveur fait partie d’une groupe très moyen. Mais on peut aussi dire qu’elle dĂ©favorise moins les grands receveurs jouant avec des Qbs moyens, et prend en compte le niveau de dĂ©pendance de l’attaque envers son receveur.

4. Analyse critique

Ces deux statistiques nous donnent donc des meilleurs moyen de mesurer l’efficacitĂ© et le volume de jeu d’un receveur que les notations usuelles. En revanche elles ne sont pas parfaites, et ne se combinent pas pour donner un chiffre magique Ă©valuant exactement le niveau d’un joueur. Il revient Ă  chacun d’interprĂ©ter les informations comme elles sont exprimĂ©es et d’avoir un regard critique sur chaque joueur en fonction des critères que l’on veut favoriser chez un receveur. D’autres sont aussi très utiles comme le aDoT , on peut aussi quantifier particulièrement les performances d’un receveur en Yards After Catch en utilisant par exemple les Expect Yards After Catch de Next Gen Stats. Comme d’habitude les statistiques ne sont pas infaillibles mais le but est de montrer le tableau le plus prĂ©cis et dĂ©taillĂ© possible, et dans cet exercice le RACR et le WOPR sont infiniment plus intĂ©ressants que l’usage parfois maladroit des yards par target ou du nombre total de yards.

5. Le meilleur receveur

Je n’allais pas partir sans vous montrer oĂą se placent les receveurs les plus connus. VoilĂ  pour 2019

On peut constater que Michael Thomas est le WR le plus complet sur la saison 2019. Hopkins quant Ă  lui, si il s’est montrĂ© moins efficace que son compère des Saints (en partie Ă  cause de la diffĂ©rence de système offensif), est un receveur extrĂŞmement important pour son attaque. C’est confirmĂ© quand on regarde entre 2015 et 2019 oĂą il place les plus gros volumes de jeu avec un pic en 2017. Jones est plus en retrait ce qui est en partie dĂ» Ă  son attaque plus Ă©quilibrĂ©e.

Les saisons 2018 et 2019 de Michael Thomas sont des modèles d’efficacitĂ©. Il est vrai que son système favorise au maximum ses talents, et lui donne la balle sur de nombreux tracĂ©s court qu’il exploite au mieux, mais une telle domination ne peut s’expliquer par le seul fait du système offensive.

Alors qui est le meilleur receveur de la ligue ? Et bien pas facile de donner une réponse définitive, mais grâce à cette étude vous êtes maintenant capable de mettre en perspective les différentes qualités des receveurs, en sortant du carcan imposé par le nombre de yards et le nombre de catch.

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Balance ton QB #4 – Deshaun Watson

AmenĂ© Ă  ĂŞtre un des futurs visages de la NFL au poste de Quarterback, Deshaun Watson sort d’une 3ème saison très solide, avec nĂ©anmoins une tendance Ă  l’inconstance qu’il lui faudra corriger.

Pour la dĂ©finition des statistiques et du barème c’est ici: https://frenchfootballstats.sport.blog/2020/01/27/balance-ton-qb-0-methode/

Que nous apprennent les statistiques avancées ?

Le positif

MalgrĂ© son irrĂ©gularitĂ© d’un match Ă  l’autre, Watson affiche une cohĂ©rence Ă©tonnante au niveau des statistiques avancĂ©es, il est en effet top 10 dans toutes celles que nous avons choisi. Avec une note de 7,8 et un QBR de 68,9 il se place dans les 6 QBs les plus efficaces de la ligue. Il n’a pas non plus froid aux yeux quand il s’agit de lancer loin comme en tĂ©moigne ses 8,7 de Intended Air Yards. Ses 4,5 yards de Air Yards par tentative ainsi que son CPOE positif tĂ©moignent de sa capacitĂ© Ă  pouvoir ĂŞtre explosif mĂŞme sur des lancers difficiles. Comme on s’y attend c’est aussi un joueur qui se crĂ©er certaines de ses occasions tout seul grâce Ă  sa mobilitĂ© ( 25,7 de note global selon l’Offensive Share Metric)

Le négatif

Bien qu’il soit difficilement critiquable sur les statistiques avancĂ©es on peut constater quelques dĂ©ficiences qui peuvent l’empĂŞcher d’atteindre le prochain palier si elles ne sont pas corrigĂ©es. Tout d’abord son manque de rĂ©gularitĂ©: il affiche deux matchs en dessous de 20 de QBR et 2 aux alentours de 40. De plus il a tendance Ă  trop garder le ballon pour aller chercher le big play, ce qui engendre un nombre de sacks important. En en effet malgrĂ© une ligne offensive classĂ©e 8ème avec 62% de Pass Block Win Rate, il est le QB le plus sackĂ© avec 55 sacks juste devant Russell Wilson et sa ligne famĂ©lique.

On pourra Ă©galement lui reprocher sa productivitĂ© dans le fond du terrain, qui est loin d’ĂŞtre suffisante pour atteindre la classe de QBs Ă  laquelle son potentiel appartient.

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Balance ton QB #3 – Matt Ryan

Une nouvelle saison Ă  7-9 et une nouvelle saison dĂ©cevante pour les Falcons. C’est un Matt Ryan pourtant en dessous de ses standards habituels qui se hisse Ă  la 9ème place de ce classement. En cause une certaine homogĂ©nĂ©itĂ© dans son Ă©valuation statistique, moyen partout mais mauvais nul part. Le Quarteback n’aura pas Ă©tĂ© aidĂ© par une ligne offensive très faible

Pour la dĂ©finition des statistiques et du barème c’est ici: https://frenchfootballstats.sport.blog/2020/01/27/balance-ton-qb-0-methode/

Que nous apprennent les statistiques avancées ?

Le positif

Le MVP d’il y a trois ans a fait son job cette annĂ©e. MĂŞme si il est loin de son niveau lors de la campagne 2016,Matt Ryan s’en sort avec un AY/A de 4,6 le plaçant 5ème. Les passes qu’il complète sont souvent pour des gros gains aĂ©riens, tĂ©moignant de la facilitĂ© qu’il a Ă  lire les dĂ©fenses et Ă  faire les bons choix de passe quand il le veut. Son OSM de 26,86 et son DYAR de 742 ne font pas pales figures Ă  cĂ´tĂ© de ceux des autres QBs de la ligue et lui permettre d’atteindre la 8ème place dans ces classements. Ces donnĂ©es nous permettent d’affirmer sans trop de difficultĂ© que Ryan est en grande partie responsable de ses statistiques brutes ce qui n’est pas Ă©tonnant au regard du niveau de sa ligne protectrice. Matt montre qu’il est clairement une pièce maĂ®tresse mais aussi une valeur sure dans la franchise gĂ©orgienne. Son CPOE de 1,4 le classe dans le top 10 et est tout Ă  fait honorable traduisant sa capacitĂ© Ă  se montrer prĂ©cis sur des lancĂ©s difficiles.

Passer rating en fonction de la zone du terrain – Next Gen Stats

Le négatif

MalgrĂ© le marasme de football qu’a proposĂ© la franchise d’Atlanta cette annĂ©e, notamment lors de la première partie de saison, Matt Ryan a su rester constant dans son niveau de jeu. Très peu de points nĂ©gatifs Ă  retenir sur la saison passĂ©e, avec toutes ses notes au-dessus de la moyenne. On peut tout de mĂŞme mettre en exergue sa note de propretĂ© tout juste passant la barre des 5, symbole des problèmes qu’il a rencontrĂ© sous la pression cette annĂ©e. Or pression il y a eu avec un Pass Block Win Rate de 50%, un des 3 plus faible de la ligue. Ce qui peut expliquer en partie son nombre d’interceptions assez Ă©levĂ© de 14 (26ème ). Mais la ligne offensive n’explique pas Ă  elle seule les 48 sacks encaissĂ©s par Matt Ryan, le franchise QB des rouges et noirs,a souvent eu tendance Ă  trop garder le ballon face au raz de marĂ©e adverse.

Globalement Matt a su être constant tout au long de la saison mais à un niveau juste au-dessus de la moyenne en terme de production statistique, hormis une envolée contre la faible (euphémisme) défense aérienne des Cardinals. On retiendra son passer rating,moyen dans toutes les zones, sans jamais exceller nul part.

Fréquence des lancers en fonction de la zone du terrain
% de complétion en fonction des zones du terrain

Conclusion

Matt Ryan ce serait au collège ce môme frustrant pour n’importe quel enseignant. Des bases solides, un potentiel bien présent, une envie de bien faire mais un niveau, au final, juste moyen qui ne lui permet pas d’élever sa note plus haut que 13/20, plafonnant avec une mention « Assez Bien » pour une grande partie de sa scolarité. Terriblement agaçant et pourtant on ne peut pas lui en vouloir tant il est assidue pour faire ses devoirs et réciter ses leçons. Un enfant surement bien seul avec des parents ne l’aidant pas du tout dans la réussite de ses études et des frères et sœurs préférant batifoler dans le jardin plutôt que travailler avec lui (sauf le petit Julio). Alors qu’au final ensemble ils pourraient tous aller loin.

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Balance ton QB #2 – Patrick Mahomes

Pas besoin de le prĂ©senter, Mahomes a dĂ©boulĂ© comme une mĂ©tĂ©orite dans la ligue l’annĂ©e passĂ©e. Après une campagne de MVP ses performances sont redevenues plus humaines mais toujours de très haut niveau. Alors agressivitĂ©, importance du système… On passe tout au microscope !

Pour la dĂ©finition des statistiques et du barème c’est ici https://frenchfootballstats.sport.blog/2020/01/27/balance-ton-qb-0-methode/

Que nous apprennent les statistiques avancées ?

Le positif

Mahomes est un quarterback efficace, avec un QBR de 76,3 il se place juste derrière Lamar Jackson. Rien de bien Ă©tonnant pour un QB talentueux Ă©voluant dans une attaque 5 Ă©toiles sous la tutelles d’un des meilleurs tacticiens offensif des 20 dernières annĂ©es. Toujours dans cet esprit de l’attaque aĂ©rienne explosive, il est dans le top 10 en terme de yards parcourus dans les airs sur chaque play , et top 10 en terme d’agressivitĂ©. Son DYAR est de plus dans le top 5 soulignant qu’il ne fait pas qu’exploiter ce système, il sait aussi se rendre indispensable comme le montre son 8,9 en valeur ajoutĂ©e.

Il est de plus extrĂŞmement performant dans le fond du terrain, oĂą son rating ne descend pas en dessous de 100.

Beaucoup de lancers de Mahomes entre 5 et 10 yards, sur sa gauche principalement. On remarque aussi qu’il apprĂ©cie beaucoup lancer en deep Ă  gauche. Cependant cette dernière zone est celle oĂą sa complĂ©tion est la plus faible, ce qui explique ses quelques dĂ©chets. NĂ©anmoins quand il complète ses passes dans le fond du terrain c’est ici qu’il fait la diffĂ©rence au vue de son passer rating. Dernière observation marquante : la symĂ©trie de sa heatmap de complĂ©tion. Il est Ă  l’aise Ă  quelque soit son angle d’attaque sur le terrain.

Image
Pourcentage de complétion en fonction de la zone du terrain
Image
Fréquence des lancers en fonction des zones du terrain

Le négatif

Ce qui saute aux yeux est son -0,6 en CPOE, qui fait tomber sa note de prĂ©cision Ă  5. Doit on en dĂ©duire que Mahomes est un Quarteback peu prĂ©cis ? Par forcĂ©ment. Évoluant dans une attaque très explosive, avec des cibles de grandes qualitĂ©s il a Ă©normĂ©ment d’opportunitĂ©s. Hill et Kelce ont tous les deux en moyenne 3,2 yards de sĂ©paration avec leur plus proches dĂ©fenseurs quand ils sont ciblĂ©s. Les deux reprĂ©sentant quasiment 40% de la production aĂ©rienne de l’Ă©quipe. Ainsi Mahomes n’a pas Ă  effectuer de nombreux lancers difficiles, comme l’atteste son 66,5% de complĂ©tion attendue, classĂ© dans la moyenne haute de la ligue, bien boostĂ© par sa très bonne ligne offensive qui poste un 60% de PBWR. Il est difficile de transcender statistiquement un système qui offre autant de possibilitĂ©s.

En revanche on ne peut pas négliger le fait que le système de Reid et le casting offensif gonfle sa performance statistique, 50% de sa production de yards est effectuée par ses receveurs.

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Balance Ton QB #1 – J.Garoppolo

De retour d’une blessure aux ligaments croisĂ©s, le quarterback des Niners est le premier Ă  passer au microscope juste avant de jouer pour sa première bague en tant que titulaire. A l’issue d’une bonne première saison complète, il atteint la 10ème place du classement des QBs sur l’annĂ©e 2019.

Que nous apprennent les statistiques avancées

Le positif

Tout d’abord Jimmy Garoppolo est un Quarterback efficace, classĂ© 11ème au niveau du QBR, cela tĂ©moigne sa capacitĂ© Ă  faire avancer son attaque sur une grande majoritĂ© de snaps (Plusieurs de ses interceptions sont causĂ©es par des drops mais il en eu aussi quelques unes de sauvĂ©es par les mains glissantes des dĂ©fenseurs adverses, cela n’a pas d’importance car des statistiques comme le QBR en prennent compte). Il est de plus assez prĂ©cis avec un Completion Over Expectation positif. Ainsi c’est un QB assez fiable capable de rĂ©ussir quelques lancĂ©s compliquĂ©s. L’Offensive Share Metric et le DYAR nous indique qu’il apporte une plus value intĂ©ressante Ă  son attaque.

Comme nous l’indique ses Passing Charts, il lance très peu dans le fond du terrain, mais quand il le fait, il le fait bien (158,3 de rating dans le milieu du terrain Ă  plus de 20 yards).

Le négatif

Ce qui marque le plus dans les statistiques avancĂ©es de Jimmy G, est son manque d’agressivitĂ©, seulement 1,6/10. Il est avec Derek Carr un des QB qui a le plus petit IAY/A (6,5). C’est Ă  dire qu’il a tendance Ă  privilĂ©gier les tracĂ©s court et Ă  laisser ses receveurs gagner des yards avec leur jambes. C’est d’ailleurs l’un des QB dont la part de Yards After Catch est la plus importante dans son total: un peu plus de 54% de son total de yards est dĂ» Ă  ses receveurs. Son Expected Completion est de 67%, un des plus haut de la ligue, indiquant qu’il tente peu de lancĂ©s risquĂ©s. Pas forcĂ©ment Ă©tonnant dans une attaque comme celle de Shanahan qui fait la part belle aux motions et aux tracĂ©s Short et Cross pour libĂ©rer rapidement des cibles.

Il a aussi du mal sur les lancĂ©s entre 10 et 20 yards. Alors qu’il se montre souvent Ă  l’aise sur les Play Action dans le fond du terrain, il connait bien plus de difficultĂ©s dans la zone intermĂ©diaire oĂą il lui arrive d’ĂŞtre interceptĂ© par des Linebackers qu’il n’a pas vu. Ses pires rating sont situĂ©s dans cette zone.

Passer Rating Chart – Jimmy Garoppolo – Next Gen Stats

Jimmy Garoppolo tente beaucoup de lancers entre 5 et 10 yards, principalement sur sa droite. Il a aussi une grand densitĂ© de lancer dans l’axe juste au delĂ  des 10 yards. Des choix somme toute intelligents au vue de sa heatmap de complĂ©tion qui ne descend pas en dessous de 60% dans ses zones. On arrive facilement Ă  remarquer une corrĂ©lation entre les zones du terrain oĂą il a eu ses pires passer rating et la complĂ©tion de ses passes (court droit et +10yards droit). Cela traduit clairement les difficultĂ©s qu’il a eu cette annĂ©e Ă  trouver ses WR sur des tracĂ©s extèrieurs de ce cĂ´tĂ© du terrain.

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Balance Ton QB #0 – MĂ©thode

Bienvenue Ă  toutes et Ă  tous dans cette sĂ©rie d’articles et d’infographies visant Ă  crĂ©er la carte d’identitĂ© de chaque QB. Chaque quarterback a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© selon certaines statistiques de façon Ă  le noter selon plusieurs aspects de son jeu. Chacun sera reprĂ©sentĂ© par un diagramme Ă©toile composĂ© de 6 axes: La prĂ©cision, l’agressivitĂ©, l’explosivitĂ©, l’efficacitĂ©, la propretĂ© et enfin sa valeur ajoutĂ©e.

Je le prĂ©cise maintenant AUCUNE STATISTIQUE N’EST PARFAITE. Ce projet prĂ©sente UNE part de la rĂ©alitĂ© mais PAS TOUTE la rĂ©alitĂ©.

Statistiques utilisées

Tout d’abord voici, les statistiques de bases utilisĂ©es pour crĂ©er les formules permettant d’Ă©valuer chaque QB.

CPOE (Completion Percentage Over expectation) : ExprimĂ©e en pourcentage cette stat montre Ă  quel point un QB peut transcender les occasions qui lui sont prĂ©sentĂ©es. Chaque lancĂ© Ă  un pourcentage de chances de rĂ©alisation, en fonction de la pression, de la sĂ©paration du receveur avec son dĂ©fenseur etc… Le CPOE est donc le pourcentage de passe complĂ©tĂ©es moins le pourcentage attendu (expected completion percentage ou xComp).

AY (Air Yards) : Le nombre de yards que parcourt la balle dans les airs sur l’ensemble des lancers du QB.

AY/A (Air yards per attempt) : l’ensemble des air yards du Qb divisĂ© par son nombre de lancers.

IAY/A ( Intended Air Yards per Attempt) : Le nombre de air yards sur chaque lancer du QB mĂŞme si il n’est pas complĂ©tĂ©. En gros la distance moyenne que vise le QB sur chaque lancer.

QBR : A ne pas confondre avec le QB rating. C’est une stat créée par ESPN, qui prend en compte les drop et pleins d’autres composantes du jeu pour avoir un rating plus juste. Il est notĂ© de 0 Ă  100. Plus on se rapproche de 100 plus l’Ă©quipe a, thĂ©oriquement, de chances de gagner. C’est une statistique qui traduit l’efficacitĂ© d’un QB.

EPA (Expected Points Added) : Fortement reliĂ©e au QBR, cette statistique quantifie l’apport total d’un QB sur un match. A quel point il a pu permettre son Ă©quipe de scorer.

DYAR : Statistique créé par Football Outsiders elle quantifie la valeur ajoutĂ©e du QB. Elle Ă©value en nombre de yards la diffĂ©rence qui serait causĂ©e par le remplacement du QB titulaire par un autre QB « moyen Â» . Plus la valeur est Ă©levĂ©e plus le QB est irremplaçable.

OSM(Offensive Share Metric) : Sur chaque play, cette statistique attribue une note Ă  chaque membre de l’attaque en fonction de son implication. Si un receveur gagne 15 yards, seul après une passe de 5 yards, sa note sera plus Ă©levĂ©e que celle du Quarterback. En regroupant ces notes on obtient une valeur sur l’ensemble de la saison.

PBWR(Pass Block Win Rate) : Pourcentage de jeu oĂą la ligne arrive Ă  tenir ses blocs plus de 2,5 secondes. Plus le pourcentage est bas plus le quarterback subit de la pression rapidement.

Définition des axes

VoilĂ  pour les statistiques officielles. Maintenant celles que j’ai Ă©tabli Ă  partir des statistiques prĂ©cĂ©demment dĂ©finies

PrĂ©cision : Cp(%)+10*CPOE

J’ai mĂ©langĂ© le pourcentage de complĂ©tion d’un QB avec le CPOE que j’ai multipliĂ© par 10 pour qu’ils aient Ă  peu près le mĂŞme ordre de grandeur. Cette formule prends donc en compte le pourcentage de passes complĂ©tĂ©es, mais donne une part très importante au nombre de lancĂ©s difficiles que rĂ©ussi le Quarterback. Cette statistique n’est pas la prĂ©cision « physique au sens » oĂą on l’entend. Un QB peut ĂŞtre très prĂ©cis d’un point de vue physique et pas bien classĂ© ici (Brady en est un parfait exemple).

AgressivitĂ© : IAY/A + (100-xComp)

Ici on regarde la volonté du QB à lancer dans le fond du terrain et à tenter des lancers qui demande une très grande précision.

ExplosivitĂ© : AY/A

Pas de formule ici, on regarde la propension que le QB, à lancer la balle loin sur chaque lancés. Un quarterback avec une petite explosivité est généralemnt un quarterback qui privilégie les lancés courts.

EfficacitĂ© : QBR

Normalement ça aurait dĂ» ĂŞtre les EPA par play, mais cette statitistique n’Ă©tant pas facilement accessible je me suis rabattu sur le QBR basĂ© sur le mĂŞme esprit. On mesure le succès d’un QB Ă  chaque fois qu’il touche la balle que ce soit quand il lance ou quand il court.

Valeur ajoutĂ©e : 10*OSM+DYAR

On essaye d’estimer Ă  quel point un QB est indispensable Ă  son attaque. On utilise donc son implication dans la rĂ©ussite de son attaque, mais aussi le DYAR qui quantifie son importance.

Propreté: Rating*(2-PBWR/10)

En attendant la sortie des statistiques relative Ă  la pression j’ai du en créée une qui prend en compte Ă  la fois la propretĂ© du quarterback et la pression qu’il subit. On utilise donc le rating deux fois, la deuxième fois pondĂ©rĂ© par le niveau de sa ligne offensive. Pourquoi deux ? Pour que les quartebacks ayant une bonne lignes ne soit pas dĂ©favorisĂ©s. Cette statistique traduit la propretĂ© du QB en faisant la part belle au pourcentage de complĂ©tion et au ratio TD/Interception. Ce n’est pas ma statistique prĂ©fĂ©rĂ©e car elle ne prend pas en compte de nombreuses choses comme les drops, et donne trop d’importance aux TD. Mais elle donne une idĂ©e gĂ©nĂ©rale du niveau de dĂ©chets du Quarterback.

Les stats que j’ai créées qui portent des noms comme « prĂ©cisions » etc ne sont pas forcĂ©ment Ă  prendre comme telle. Un QB peut avoir une mauvaise prĂ©cision sans pour autant lancer des pizza sur chaque jeu.

Notation sur 10

Chaque statistique a été ramené entre 0 et 10, le 5 correspondant à la valeur moyenne existant dans la ligue et pas à une valeur théorique. Ensuite les notes sont calculées par écart à la moyenne en prenant compte des bornes supérieures et inférieures. Ainsi une note au dessus de 5 sera au dessus de la moyenne de la ligue, et inversement.

Le classement de chaque Quarterback a Ă©tĂ© effectuĂ© en additionnant chaque composante Ă  l’exception de l’agressivitĂ©.

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