Catégories
Non classé

Secret Défense #0: La méthode

Dans cette nouvelle série d’articles nous allons comparer 10 défenses marquantes du XXIème siècle.

  • Ravens 2000
  • Titans 2000
  • Buccanneers 2002
  • Bears 2005
  • Steelers 2008
  • Jets 2009
  • Seahawks 2013
  • Broncos 2015
  • Jaguars 2017
  • Patriots 2019

Il faut savoir que sur toute l’étude je me base sur les points et yards par drive(appelons les YPD et PPD). Je précise bien par drive car de façon brutes elles n’ont que peu de valeurs. J’ai moi même ajusté les statistiques par drive en comptant les field goal râtés dans les points encaissés (j’ai bien entendu exclu les kneeldown).

Présentation de l’étude

Le travail sera présenté sous forme de 10 articles, donnant pour chaque défense tout d’abord un partie plus littérale: un contexte historique, l’explication du système défensif, les 3 performances les plus marquantes. Et enfin une partie plus statistique reposant sur l’étude de la difficulté du calendrier, la performance face à chaque adversaire, les performances en situation neutre etc…

La série d’articles sera conclue par un article récapitulatif comparant les données statistiques de ces 10 défenses.

Indice de performance

1) Calculer la force d’un adversaire

Pour cela on va regarder la moyenne de la ligue en terme de YPD et PPD et calculer l’augmentation de chaque attaque par rapport à la moyenne de la ligue. Ce sera donc une valeur en pourcentage qui nous servira à établir la difficulté du calendrier en gommant les différences d’époques causées par l’inflation offensives des dernières années.

On obtient deux statistiques l’IPP Opp(Indice de Performance aux Points de l’Opposant) et l‘IPY Opp (Indice de Performance aux Yards ) pour traduire cette augmentation.

Remarque: Il aurait fallu normalement retirer du total d’une attaque, les performances contre la défense qu’on étudie. Mais sur une étude de 10 défenses cela représente la décomposition des drives de plus de 160 équipes, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de ne pas avoir poussé jusque là.

2) Calculer la performance sur un match: IPP et IPY

On va pour chaque match regarder combien de PPD et YPS l’attaque adverse a réalisé contre la défense que l’on étudie. Et on va calculer l’augmentation par rapport à ce qu’elle inscrit en temps normal. Par exemple si l’attaque affrontée score en moyenne 2 points par drive et que sur le match contre notre défense elle n’en score que 1, l’Indice de Performance aux Points (IPP) sera de (2-1)/2, d’où IPP=50%. On peut faire la même chose avec les yards (IPY). On sait pour chaque match comment la défense a performé par rapport au niveau de son adversaire

3) Calculer la performance sur l’ensemble de la saison: IPPT et IPYT

De la même façon que l’on a calculé l’indice sur un match on le fait sur l’ensemble de la saison. On regarde combien la défense aurait dû prendre de points ou de yards par drive sur la saison et combien elle en a effectivement pris. On peut ainsi calculer l’augmentation sur l’ensemble de la saison. IPPT (Indice de Performance aux Points Total) et IPYT

Evaluer la défense en situation neutre

Une défense peut être très vite handicapée par son attaque. En effet si elle est mauvaise elle donne des positions défavorables à la défenses et des terrains courts à défendre. Pour effacer cela, j’ai regardé l’issue de chaque drive en fonction de la zone du terrain où ils avaient commencé. J’ai décomposé entre les drive commençant dans les 40 adverses (les situations neutres) et ceux à l’extérieur des 40 (les situations favorables). J’ai ensuite comparé par rapport à ce qu’il se faisait dans ces catégories par les autres équipes pour avoir la moyenne de la saison et calculer l’écart à la moyenne pour encore une fois gommer les différences d’époque.

Je n’exclue pas plus tard de faire un décomposition plus fine. Afin par exemple de donner du crédit aux défenses qui ne lâchent q’un field goal en situation plus que défavorable, ou même celles qui arrivent à complétement inverser la vapeur. De la même façon je pense réduire la zone neutre aux 15-35 yards adverse.

Catégories
Non classé

Comparer les receveurs

Comment évaluer un receveur ? Certains se fieront toujours aux yards, d’autres aux yards par catch ou par target. Malheureusement ces statistiques ne représentent qu’une partie du tableau. Le nombre de yards est directement impacté par le nombre de target. Le nombre de yards par target bien qu’il puisse sembler pertinent comporte de nombreuses failles. Un receveur n’attrapant la balle que quelques fois mais faisant de gros gains performera bien plus dans cette catégorie que les meilleurs joueurs de la ligue. Pourtant si ces derniers sont souvent ciblés c’est bien pour une raison. De plus, plus un receveur est ciblé plus il affronte le gratin défensif de l’équipe adverse ce qui rend son travail extrêmement plus difficile. Pour essayer de prendre en compte tout cela il existe des alternatives.Aujourd’hui je vais vous parler de deux statistiques crées par Josh Hermsmeyer, un analyste qui a à la base développé ces notions pour les amateurs de fantasy football, dans le but de prédire la production d’un receveur d’une année à l’autre.

Stabilité des « Yards per Target » d’une année à l’autre.
Ici on peut voir que le coefficient de détermination est plutôt faible (0,29)

1. Comprendre la notion de Total Air Yards

Pour ceux qui ont lu nos travaux sur les Quarterbacks, vous êtes déjà familiers avec la notion de Air Yards : le nombre de yards que parcourt la balle dans les airs. C’est une statistique que j’affectionne tout particulièrement, car mis en perspective elle donne une idée assez précise du profil d’un Quarterback et de son système offensif. Dans le cas du receveur elle est utilisé différemment.

Comme évoqué dans l’introduction un Receveur qui est beaucoup ciblé ne l’est pas pour rien, il faut donc prendre en compte cet aspect dans la notation (en réalité un receveur peut être ouvert et non ciblé et inversement, gardez en tête que ce n’est qu’une statistique qui permet de donner une image approchée de la réalité pas l’exacte vérité).

Pour cela nous allons définir la notion de Total Air Yards. Au lieu de juste compter les yards qu’a parcouru une balle dans les airs avant d’être attrapée par un receveur donné on va aussi considérer les cas où il n’attrape pas la balle.

Par exemple, prenons un receveur que nous appellerons WR#1

  • WR#1 réalise son premier catch sur un ballon ayant parcouru 15 yards dans les airs, puis il en gagne 5 au sol
  • WR#1 est visé sur une passe de 10 yards mais la balle tombe au sol

WR#1 a donc gagné 15+10 total air yards… tout le monde suit ?

Bien on peut passer à la suite

2. Calculer l’efficacité d’un receveur avec le Receiver Air Convertion Ratio (RACR)

Savez vous comment on juge la qualité d’une statistique dans ce type d’étude ? Principalement à sa capacité a prédire la suite des événements. On va regarder les statistiques de chaque receveur à l’année Y et Y+1 et regarder la corrélation entre les deux. Et bien à ce petit jeu figurez vous que le RACR est 2 fois plus stable que les yards par target ! Mais je m’avance un peu trop. Tout d’abord qu’est ce que c’est que le RACR.

Le RACR c’est le nombre total de receiving yards divisés par le nombre total de air yards que l’on a défini précédemment.

Pour ceux qui sont aussi familiers avec la notion de aDoT (average depth of target, c’est à dire la profondeur moyenne à laquelle est visé un receveur) on obtient :

RACR= Receiving yards / Total Air yards = Yards per target / aDoT

Si l’on devait traduire cette statistique littéralement ce serait le nombre de yards qu’un receveur arrive à produire pour chaque yards lancé vers lui. C’est donc une statistique exprimant l’efficacité d’un receveur qui prend autant en compte son côté « aérien » mais aussi sa capacité à gagner des yards après la réception.

Le problème des statistiques traduisant l’efficacité, c’est qu’elle sont rarement stables d’une année sur l’autre, ce qui n’est pas le cas de celle ci comme évoqué plus haut. Avec un coefficient de détermination de 0,4, l’efficacité de l’année Y explique 40% de l’efficacité de l’année Y+1 (seulement 8% pour les Yards par Target).

Coefficient de corrélation et de détermination pour les différentes statistiques.
Plus on se rapproche de 1 plus la statistique est stable

En utilisant le RACR et le aDoT on peut estimer le nombre de yards que va gagner un receveur l’année d’après.
Si on a une idée du nombre de réceptions qu’il va pouvoir realiser on a juste à multiplier ce nombre par son aDoT général et son RACR général pour obtenir une valeur approchée de son futur total de yards. C’est une technique extrêmement sommaire, qui est aujourd’hui, perfectionnée par de nombreux algorithme, mais qui peut vous donner de bonne estimations très facilement.

3. Donner du poids aux opportunités avec le Weight Opportunity Rating (WOPR)

Comme expliqué précédemment, on peut considérer les opportunités d’un receveur comme outil d’évaluation. Il est impossible de juger l’ensemble du travail et des qualités d’un receveur, mais son impact sur l’équipe est traduit par la confiance que le QB place en lui. Pour cela on crée une mesure qui prend en compte le taux de target du receveur par rapport au reste de l’équipe (Si il y a 4 receveur et que chacun attrape 100 passes sur les 400 complétés, chacun à un Taux de target ou Target Market Share de 25%), et le taux de total air yards du receveur par rapport au total de l’équipe.

La formule qui suit a été déterminé empiriquement pour que les meilleurs receveurs aient un WOPR entre 0,70 et 0,80

WOPR=1,5 Target Market Share + 0,7 Air Yards Market Share

Bien sûr cette statistique est loin d’être parfaite, la note peut être boosté si un receveur fait partie d’une groupe très moyen. Mais on peut aussi dire qu’elle défavorise moins les grands receveurs jouant avec des Qbs moyens, et prend en compte le niveau de dépendance de l’attaque envers son receveur.

4. Analyse critique

Ces deux statistiques nous donnent donc des meilleurs moyen de mesurer l’efficacité et le volume de jeu d’un receveur que les notations usuelles. En revanche elles ne sont pas parfaites, et ne se combinent pas pour donner un chiffre magique évaluant exactement le niveau d’un joueur. Il revient à chacun d’interpréter les informations comme elles sont exprimées et d’avoir un regard critique sur chaque joueur en fonction des critères que l’on veut favoriser chez un receveur. D’autres sont aussi très utiles comme le aDoT , on peut aussi quantifier particulièrement les performances d’un receveur en Yards After Catch en utilisant par exemple les Expect Yards After Catch de Next Gen Stats. Comme d’habitude les statistiques ne sont pas infaillibles mais le but est de montrer le tableau le plus précis et détaillé possible, et dans cet exercice le RACR et le WOPR sont infiniment plus intéressants que l’usage parfois maladroit des yards par target ou du nombre total de yards.

5. Le meilleur receveur

Je n’allais pas partir sans vous montrer où se placent les receveurs les plus connus. Voilà pour 2019

On peut constater que Michael Thomas est le WR le plus complet sur la saison 2019. Hopkins quant à lui, si il s’est montré moins efficace que son compère des Saints (en partie à cause de la différence de système offensif), est un receveur extrêmement important pour son attaque. C’est confirmé quand on regarde entre 2015 et 2019 où il place les plus gros volumes de jeu avec un pic en 2017. Jones est plus en retrait ce qui est en partie dû à son attaque plus équilibrée.

Les saisons 2018 et 2019 de Michael Thomas sont des modèles d’efficacité. Il est vrai que son système favorise au maximum ses talents, et lui donne la balle sur de nombreux tracés court qu’il exploite au mieux, mais une telle domination ne peut s’expliquer par le seul fait du système offensive.

Alors qui est le meilleur receveur de la ligue ? Et bien pas facile de donner une réponse définitive, mais grâce à cette étude vous êtes maintenant capable de mettre en perspective les différentes qualités des receveurs, en sortant du carcan imposé par le nombre de yards et le nombre de catch.

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer