Bienvenue à toutes et à tous dans cette série d’articles et d’infographies visant à créer la carte d’identité de chaque QB. Chaque quarterback a été évalué selon certaines statistiques de façon à le noter selon plusieurs aspects de son jeu. Chacun sera représenté par un diagramme étoile composé de 6 axes: La précision, l’agressivité, l’explosivité, l’efficacité, la propreté et enfin sa valeur ajoutée.
Je le précise maintenant AUCUNE STATISTIQUE N’EST PARFAITE. Ce projet présente UNE part de la réalité mais PAS TOUTE la réalité.
Statistiques utilisées
Tout d’abord voici, les statistiques de bases utilisées pour créer les formules permettant d’évaluer chaque QB.
CPOE (Completion Percentage Over expectation) : Exprimée en pourcentage cette stat montre à quel point un QB peut transcender les occasions qui lui sont présentées. Chaque lancé à un pourcentage de chances de réalisation, en fonction de la pression, de la séparation du receveur avec son défenseur etc… Le CPOE est donc le pourcentage de passe complétées moins le pourcentage attendu (expected completion percentage ou xComp).
AY (Air Yards) : Le nombre de yards que parcourt la balle dans les airs sur l’ensemble des lancers du QB.
AY/A (Air yards per attempt) : l’ensemble des air yards du Qb divisé par son nombre de lancers.
IAY/A ( Intended Air Yards per Attempt) : Le nombre de air yards sur chaque lancer du QB même si il n’est pas complété. En gros la distance moyenne que vise le QB sur chaque lancer.
QBR : A ne pas confondre avec le QB rating. C’est une stat créée par ESPN, qui prend en compte les drop et pleins d’autres composantes du jeu pour avoir un rating plus juste. Il est noté de 0 à 100. Plus on se rapproche de 100 plus l’équipe a, théoriquement, de chances de gagner. C’est une statistique qui traduit l’efficacité d’un QB.
EPA (Expected Points Added) : Fortement reliée au QBR, cette statistique quantifie l’apport total d’un QB sur un match. A quel point il a pu permettre son équipe de scorer.
DYAR : Statistique créé par Football Outsiders elle quantifie la valeur ajoutée du QB. Elle évalue en nombre de yards la différence qui serait causée par le remplacement du QB titulaire par un autre QB « moyen » . Plus la valeur est élevée plus le QB est irremplaçable.
OSM(Offensive Share Metric) : Sur chaque play, cette statistique attribue une note à chaque membre de l’attaque en fonction de son implication. Si un receveur gagne 15 yards, seul après une passe de 5 yards, sa note sera plus élevée que celle du Quarterback. En regroupant ces notes on obtient une valeur sur l’ensemble de la saison.
PBWR(Pass Block Win Rate) : Pourcentage de jeu où la ligne arrive à tenir ses blocs plus de 2,5 secondes. Plus le pourcentage est bas plus le quarterback subit de la pression rapidement.
Définition des axes
Voilà pour les statistiques officielles. Maintenant celles que j’ai établi à partir des statistiques précédemment définies
Précision : Cp(%)+10*CPOE
J’ai mélangé le pourcentage de complétion d’un QB avec le CPOE que j’ai multiplié par 10 pour qu’ils aient à peu près le même ordre de grandeur. Cette formule prends donc en compte le pourcentage de passes complétées, mais donne une part très importante au nombre de lancés difficiles que réussi le Quarterback. Cette statistique n’est pas la précision « physique au sens » où on l’entend. Un QB peut être très précis d’un point de vue physique et pas bien classé ici (Brady en est un parfait exemple).
Agressivité : IAY/A + (100-xComp)
Ici on regarde la volonté du QB à lancer dans le fond du terrain et à tenter des lancers qui demande une très grande précision.
Explosivité : AY/A
Pas de formule ici, on regarde la propension que le QB, à lancer la balle loin sur chaque lancés. Un quarterback avec une petite explosivité est généralemnt un quarterback qui privilégie les lancés courts.
Efficacité : QBR
Normalement ça aurait dû être les EPA par play, mais cette statitistique n’étant pas facilement accessible je me suis rabattu sur le QBR basé sur le même esprit. On mesure le succès d’un QB à chaque fois qu’il touche la balle que ce soit quand il lance ou quand il court.
Valeur ajoutée : 10*OSM+DYAR
On essaye d’estimer à quel point un QB est indispensable à son attaque. On utilise donc son implication dans la réussite de son attaque, mais aussi le DYAR qui quantifie son importance.
Propreté: Rating*(2-PBWR/10)
En attendant la sortie des statistiques relative à la pression j’ai du en créée une qui prend en compte à la fois la propreté du quarterback et la pression qu’il subit. On utilise donc le rating deux fois, la deuxième fois pondéré par le niveau de sa ligne offensive. Pourquoi deux ? Pour que les quartebacks ayant une bonne lignes ne soit pas défavorisés. Cette statistique traduit la propreté du QB en faisant la part belle au pourcentage de complétion et au ratio TD/Interception. Ce n’est pas ma statistique préférée car elle ne prend pas en compte de nombreuses choses comme les drops, et donne trop d’importance aux TD. Mais elle donne une idée générale du niveau de déchets du Quarterback.
Les stats que j’ai créées qui portent des noms comme « précisions » etc ne sont pas forcément à prendre comme telle. Un QB peut avoir une mauvaise précision sans pour autant lancer des pizza sur chaque jeu.
Notation sur 10
Chaque statistique a été ramené entre 0 et 10, le 5 correspondant à la valeur moyenne existant dans la ligue et pas à une valeur théorique. Ensuite les notes sont calculées par écart à la moyenne en prenant compte des bornes supérieures et inférieures. Ainsi une note au dessus de 5 sera au dessus de la moyenne de la ligue, et inversement.
Le classement de chaque Quarterback a été effectué en additionnant chaque composante à l’exception de l’agressivité.
Fin des années 90, une transition offensive vers la passe s’annonce et certains l’ont anticipée. Grâce à un ancien système remis au goût du jour et à un casting cinq étoiles, les Buccaneers révolutionnent alors la défense aérienne. Histoire, tactique, statistiques… Aujourd’hui, place au fabuleux monde des pirates floridiens !
Effectif et fonctionnement
Création de la défense
En 2002, Jon GRUDEN, alors head coach des Oakland Raiders est échangé aux Buccanneers contre deux premier tour de draft et 8 millions de dollars. Cette arrivée est couronnée d’un succès immédiat: une année record et un Super Bowl superbement remporté face à ces mêmes Raiders . Mais si Gruden est souvent crédité comme artisan principal de la victoire finale la réalité est bien plus nuancée. La révolution défensive entamée par les Pirates remonte en fait à bien plus loin que cette intersaison 2001-2002. Pour comprendre cela il faut revenir 25 ans en arrière….
Tony Dungy serrant la main de Jon Gruden, le coach qui l’a remplacé.
En 1977, les Pittsburgh Steelers draftent un jeune safety du nom de Tony DUNGY. Il y reste deux ans, passant du temps dans le practice squad et prenant part à l’épopée du dernier titre en 1978. Sous les ordres de Bud CARSON, son coordinateur en 1977 et l’architecte de la dynastie défensive du Steel Curtain, et de Chuck NOLL, son entraîneur en 1977-78 et l’architecte de la dynastie tout court des Steelers, il apprend les rouages de la couverture 2, cette marque de fabrique au cœur d’une organisation qui rafle tout. Après une courte carrière de joueur, il revient à Pittsburgh pour y officier en tant que coach des defensive backs puis surtout coordinateur. Un poste occupé chez les Vikings début des années 90, où il fait la connaissance de Monte KIFFIN, autre éminence grise de ce côté du ballon. De cette relation naîtra la Tampa 2, ce célèbre dispositif s’appuyant autant sur la couverture 2 du back seven que sur le concept d’under tackle du front four et propre à Minnesota en ce temps-là.
En 1996, approché par Tampa Bay, il accepte le poste d’entraîneur et fait de Monte KIFFIN son coordinateur. Le duo (re)donne vie à une franchise moribonde grâce à une défense innovante, avant que DUNGY ne se fasse licencier en 2001 suite à une deuxième élimination prématurée en playoffs malgré le talent évident de l’effectif.
Monte Kiffin et Ronde Barber. Monte Kiffin reste coordinateur défensif après le départ de Dungy
Cet effectif, en particulier défensif, il le construit à travers la draft
1999 : Anthony McFARLAND (tour 1), Dexter JACKSON (tour 4)
… Et la free agency.
1997 : Shelton QUARLES
2001 : Simeon RICE
+ 2002 : Greg SPIRES, la seule pièce défensive ajoutée sous le mandat de GRUDEN
Si 2002 marque les mémoires, la défense n’attend pas si tard pour performer. Sur la pente ascendante depuis novembre 1996, elle explose à partir de 1997 puis signe son chef-d’œuvre inachevé en 1999. Valeureuse perdante, elle s’illustre de la plus belle des manières lors du NFC Championship cette année-là : chez le Greatest Show on Turf en route pour le sacre, elle ne concède que 9 points dont un touchdown sur un drive débuté dans sa moitié de terrain. Une performance exceptionnelle hélas tombée dans l’oubli à cause de la défaite et de la forte popularité de ces Rams. Mais qu’on ne s’y trompe pas : compte tenu du contexte, limiter de la sorte l’une des plus grandes puissances offensives jamais vues, tournant à plus de 30 points à domicile en moyenne, est possiblement le plus gros exploit de l’histoire des playoffs.
Par la suite, l’escouade se maintient parmi l’élite mais c’est véritablement en 2002 que tout s’aligne. Ainsi, quand il est question du titre, le mérite n’en revient pas qu’à GRUDEN ; la consécration porte en grande partie le sceau de Tony DUNGY.
Effectif
Un joueur vient immédiatement en tête. Membre le plus connu tant par son talent que son caractère, le Hall of Famer Warren SAPP est installé en 3-tech, alignement à partir duquel il chamboule les attaques adverses. Agressif face au guard dans son intervalle, il est le premier dans le backfield pour stopper la course et dispose du chemin le plus court vers le quarterback. Son positionnement et son explosivité lui permettent parfois de dérégler l’assaillant à lui seul. À ses côtés, « Booger » McFARLAND (puis Chartric DARBY après sa blessure) occupe le centre et bouche le milieu.
Sur l’extérieur, on retrouve un Greg SPIRES très physique, plutôt chargé de contenir les courses et la poche, et le très élégant Simeon RICE. Véritable phénomène au poste de rusher, il a besoin d’une demi-saison en 2001 pour s’habituer à son nouveau rôle qui l’oblige à aussi jouer la course. Impérial fin 2001, son année 2002 est un véritable florilège et il crève souvent l’écran. Techniquement au point avec ses mains, son activité bénéficie de sa capacité à changer rapidement de direction. Pris à revers, il est capable en un éclair de se retourner et de fondre sur le running back. Auteur de 15,5 sacks et 12 plaquages pour perte, il survole la phase régulière avant de monter encore en puissance lors des playoffs. Si la star du front four est Warren SAPP, Simeon RICE en est sans doute l’élément prépondérant.
Derrière, Shelton QUARLES occupe un poste critique de middle linebacker qui l’oblige à exceller contre la passe et la course. La moindre erreur de sa part expose le cœur de la troupe. Côté fort, Alshermond SINGLETON se charge des zones intermédiaires. Ingrat, son positionnement attire les blocs. Quand il ne couvre pas, son travail consiste à les réorienter pour rediriger le trafic vers ses acolytes du milieu. En Will se trouve le maillon essentiel. Monstrueux contre la course et encore plus la passe, le Hall of Famer Derrick BROOKS révolutionne un poste à qui, désormais, on ne demandera plus puissance et taille mais plutôt mobilité et vitesse. Ses prédispositions extrêmement rares en couverture propulsent le onze dans une autre dimension. Rarement pris à défaut, il collectionne plaquages, interceptions mais aussi touchdowns (cinq + un rappelé au cours de la campagne 2002). Souvent imité depuis, jamais égalé dans son domaine.
Chez les cornerbacks, aux côtés de l’opportuniste Brian KELLY (leader NFL aux interceptions avec huit), Ronde BARBER éclabousse le secondary de son talent. Véritable couteau suisse, il excelle sur les tracés intermédiaires et empile les passes déviées. Toujours prompt à réagir, il touche le ballon une trentaine de fois entre la saison régulière et les playoffs. Gros cogneur, le strong safety John LYNCH terrorise receveurs et tight ends s’aventurant entre les numéros. Généralement en retrait au départ de l’action, il ne manque pas l’occasion de descendre en trombe dans la boîte ou de converger vers le trafic pour asséner des chocs dévastateurs. Son lieutenant Dexter JACKSON se transforme en playmaker polyvalent. Fiable, solide, il termine l’année de sa vie avec deux interceptions au Super Bowl synonymes de MVP.
Fonctionnement de la défense
Tout commence par un front seven en 4-3 dit under (davantage de détails ici). La ligne asymétrique met en valeur son 3-tech, Warren SAPP en l’occurrence, qui ne se concentre que sur un intervalle ; cela facilite l’expression de son potentiel disruptif. Booger McFARLAND est placé au centre. Greg SPIRES, installé en 5-tech, subit les prises à deux. À l’opposé, Simeon RICE évolue en pur pass rusher. Magicien quand il s’agit de chasser le quarterback, il se montre compétent quand il s’agit de stopper la course. Une ligne disciplinée, appliquée et performante est la condition indispensable pour une Tampa 2 efficace. En effet, en raison de la répartition précise des zones à couvrir, il est préférable de n’allouer que sept hommes à la boîte. Additionné au faible taux de blitzes, cela requiert donc pression et strict respect des responsabilités vis-à-vis de son intervalle de la part du front four.
Très fortement inspiré d’une cover 2 classique, la Tampa-2 emprunte à sa grande soeur en essayant de corriger ses défauts.
Cover 2 classique, les zones rouges indiquent les faiblesses de la formation dans le fond du terrain
Pour effectuer cela Kiffin et Dungy décident d’envoyer le Middle LineBacker « Down the pipe ». C’est à dire couvrir la zone intermédiaire entre les deux zones des Safety dans le fond du terrain. L’excellent travail en couverture de Shelton Quarles permet à John Lynch et Dexter Jackson d’avoir moins de terrain à couvrir et de se concentrer sur les sideline, un gros point faible de cette stratégie défensive. Grossièrement la Tampa 2 est une cover 2 en apparence qui évolue en couverture 3 où le MIKE sert de Free Safety.
Will et Sam s’occupent des zones « underneath » (« en dessous », entre les premier et deuxième rideaux). L’agencement met parfaitement en valeur le côté faible. Moins concerné par les blocs de tight ends et fullbacks que ses deux autres compères, Derrick BROOKS peut facilement lire les jeux et choisir de foncer boucher son intervalle ou décrocher en couverture. De plus, le système est conçu de sorte à renvoyer les courses vers lui. Ainsi, dans la Tampa 2, il est courant voire naturel que le Will ait plus de plaquages que le Mike.
Les cornerbacks, chargés des zones extérieures, doivent Les cornerbacks doivent être des plaqueurs doués car en l’absence d’ouverture dans l’axe, les courses peuvent rebondir à l’extérieur. Par ailleurs, ils doivent aussi empêcher les receveurs de s’échapper sur des tracés courts. Avant le snap, ils s’alignent en retrait de la ligne de scrimmage pour éviter les blocs. Brian KELLY et Ronde BARBER sont les titulaires en base. En nickel, Monte KIFFIN reconduit une expérimentation fructueuse de 2001 : BARBER glisse dans le slot afin d’exploiter ses capacités de playmaker. Son profil et cet ajustement tactique ajoutent de la fantaisie, autorisant notamment les multiples nickel blitzes. Le cornerback numéro trois, Dwight SMITH en 2002, le remplace alors sur l’extérieur.
Pour finir Jackson et Lynch se partagent le fond du terrain, alignés tres éloignés de la ligne de scrimmage il leur faut beaucoup de vitesse pour venir aider contre la course.
La Tampa-2 est une défense qui plie mais ne rompt pas. Sa capacité à éliminer les routes intermédiaires vient avec une difficulté à défendre les trajectoires de passes qui s’aventurent derrière les linebacker. Il arrive donc parfois que cette défense autorise des gros gains surtout quand le front four n’arrive pas à générer assez de pression. Chaque joueur doit être parfait dans ce système, ce qui explique les déclinaisons horribles de cette défense que la NFL a pu voir les années d’après. Sans un effectif all-star, la Tampa-2 peut vite devenir perméable à la course et aux longues passes.
Bilan de la saison
12-4 en saison régulière
Meilleure défense aux yards, aux points et à la passe
31 interceptions
10 TD concédés à la passe et 8 à la course
155,6 Yards à la passe concédés par match
Les 3 grosses performances
Week 14 – Atlanta Falcons (8-3-1) – Raymond James Stadium
Après s’être fait une première fois humilier par la défense des Buccaneers en début de saison, la 5ème attaque de la ligue menée par le nouveau phénomène Michael Vick entend bien prendre sa revanche. Peu dangereuse à la passe mais redoutable au sol, cette équipe des Falcons n’a plus perdu depuis sa dernière rencontre avec les Buccs. Dans une NFC South assez relevée, les hommes de Dan Reeves ont l’occasion de revenir à une victoire de ceux de Jon Gruden.
Sur la première série, Derrick Brooks donne le tempo. En deux play il anéanti la force principale de cette attaque d’Atlanta. Sur le premier jeu du match, il fonce dans son gap pour stopper le full back Bob Christian dans un plaquage plein d’autorité. En 3ème down la poche s’écroule et Vick tente de s’échapper par le milieu, mais il est cueilli un yard plus loin par le numéro 55. « Three and out »: le résumé de ce match.
Les Falcons gagneront 180 yards au total dont la moitié viendront alors que le match est déjà joué. Vick sera intercepté une fois et ne gagnera que 9 yards en 6 courses. Brooks quant à lui finira son après-midi hors normes avec 10 plaquages (validant la place des Buccaneers en Play Off), statistique rendant peu hommage à la hauteur de sa performance.
NFC Championship – Philadelphia Eagles (12-4) – Veterans Stadium
Habitués des Play off depuis trois saison, les Eagles ont comme l’année d’avant l’occasion d’accéder au Super Bowl, en se hissant sur la plus haute marche de la NFC. Éliminés à ce stade de la compétition, par les Rams en 2001, ils reviennent à ce niveau grâce à un équipe ultra complète s’appuyant sur une attaque et une défense top 5. Menés par Donovan McNabb, Duce Staley et le cerveau Andy Reid, les Eagles ont dejà battu les Buccs en Week 7 profitant des terrains courts offerts par l’escouade de Brian Dawkins.
Simeon Rice et Warren Sapp face à Donovan McNabb
Le match commence dans la même veine que celui de saison régulière. Après un retour de coup de pied de 70 yards de Brian Mitchell, Duce Staley roule sur la défense des Rouges, et plonge dans la peinture 20 yards plus loin. Le match est lancé…En tout cas pour les Buccs, car les Eagles ne retrouveront plus la end zone. Ils ne marqueront qu’un autre field goal sur un drive qui commencera dans les 40 adverses. Quand l’attaque commence dans son camp, le bilan est sans appel: 7 punts, 2 fumbles perdus, une interception retournée pour un touchdown et un turnover on down.
Ronder Barber sur son pick six validant la place des Buccaneers pour le Super Bowl
Si la défense est excellente dans son ensemble, la déroute des aigles est incarnée par un seul homme: Ronde BARBER. Dans une des prestations les plus abouties de l’histoire par un defensive back à ce stade de la compétition, le joueur ne dépassant pas 1m80 dévie 4 fois le ballon, provoque un fumble et retourne une interception pour 92 yards tuant le match. 3 de ses passes défendues constitues des stop défensifs et son fumble est le résultat d’un blitz magistralement exécuté. À 3 minutes et 22 secondes du terme, Philadelphie peut revenir à -3. À dix yards de la terre promise, en 1st&goal, la machine semble enfin marcher. Feinte de blitz, Ronde BARBER recule dans la zone intermédiaire où il a régné sans partage toute la soirée et se jette sur la passe courte à destination de la route hot. 92 yards plus loin, il fait définitivement taire le Veterans Stadium et offre à Tampa Bay sa première apparition au Super Bowl.
Super Bowl – Oakland Raiders (11-5) – Qualcomm Stadium
Les Raiders se disputent le titre de meilleur attaque de la ligue avec les Chiefs. Mais alors que les hommes du Kansas se basent sur un jeu au sol redoutable incarné par Priest Holmes, celle de Oakland est ce qu’il se fait de mieux dans les airs cette saison. Rich Gannon sort tout juste d’un titre de MVP venant récompensé une saison à presque 4700 yards, 26 TD et seulement 10 interceptions. Pour l’aider, des cibles de choix, accessoirement duo de Hall of Famers : Jerry RICE (1200 yards l’année de ses 40 ans) et Tim BROWN (930 yards). Le running back Charlie Garner engrange 900 yards au sol mais atteint Un quatuor complété par le running back Charlie GARNER, auteur d’une saison à 900-900. L’attaque arrive pleine de confiance après avoir collé respectivement 30 et 40 pions durant les playoffs AFC.
Comme en finale de conférence, la défense des Bucs commence sur un terrain court. En effet, sur le troisième jeu, Charles WOODSON intercepte Brad JOHNSON et rejoint les 36 ennemis. Simeon RICE délivre le premier avertissement du match : après un magnifique swim move, il met Rich GANNON à terre et limite les Raiders à trois points, les seuls marqués jusqu’à la fin du troisième quart temps. Sur les neuf drives suivants, aucun ne dépasse les 20 yards, cinq se finissent par un punt et trois par des interceptions. Sacké et intercepté cinq fois, le quarterback est désabusé par la qualité du pass rush et de la couverture. Rien par les airs, rien par le sol non plus, en témoigne les 19 yards en 11 courses.
Dans le garbage time, les Raiders « débloquent » leur compteur. Premièrement sur un touchdown extrêmement litigieux de Jerry PORTER. Alors que ses deux pieds touchent le fond de l’en-but, il n’a pas un contrôle total du ballon. Deuxièmement sur un touchdown valable où Jerry RICE s’échappe dans la seam axiale profonde, une zone occupée par le remplaçant d’un Shelton QUARLES soigné sur le banc. Qu’importe puisque la défense rend coup sur coup. Dans les dernières minutes, les anciens protégés de Tony DUNGY inscrivent consécutivement deux pick six. Le deuxième, celui de Dwight Smith, résulte d’une passe déviée sur la ligne par Greg SPIRES. Le premier est l’œuvre de l’âme du groupe, dans une merveille d’anticipation. Ne quittant jamais le passeur des yeux, Derrick BROOKS sort de sa zone pour couper une trajectoire. 44 yards plus loin, le DPOY offre aux siens l’unique Super Bowl de leur histoire.
Un petit rappel des données utilisées que j’ai calculé.
IPP: Indice de Performance aux Points, indique le différentiel entre le nombre de points par drive qu’aurait dû scorer l’attaque adverse et le nombre qu’elle a en réalité inscrit. Plus le % est important plus la performance défensive est impressionnante.
IPY: La même chose que l’IPP mais avec les Yards Par Drive.
IPP Opp: Ce chiffre sert à mesurer le niveau de l’attaque affrontée en terme de points par drive par rapport à la moyenne de la ligue. Plus le % est important plus l’attaque affrontée est forte. Souvent appelé indice de difficulté dans les articles
IPY Opp: La même chose que l’IPP Opp mais avec les Yards Par Drive.
Niveau des attaques affrontées
En terme de calendrier les Buccaneers font face de nombreuses attaques notables. Avec deux grosses attaques dans la division (Saints et Falcons), 8 des 16 matchs sont face à des adversaires largement au dessus de la moyenne en points par drive. A noter que si les Rams n’apparaissent pas au dessus de la moyenne, c’est en grande partie à cause de la blessure de Kurt Warner, pourtant bien présent lors de l’affrontement face à Tampa Bay.
Pour les Play-Off elle affronte 3 très bonnes attaques dont la meilleure de la ligue au Super Bowl. Avec un indice de difficulté de +16,92% aux yards par drive, elle a le parcourt le plus difficile en post season des 10 défenses étudiées.
Performances générales
En rouge l’Indice de Performance aux Points, donc comment la Défense a performé face à chaque attaque. En gris le niveau de chaque attaque donné par l’IPP Opp
Fait incroyable, la défense n’enregistre aucun indice de performance aux points négatifs face à un bon adversaire. Elle ne contre-performe qu’une fois face à Detroit en fin de saison. Elle poste un IPP total de +46,41% sur la saison régulière la plaçant deuxième, seulement battue par les Patriots 2019 et leur calendrier historiquement simple. Quand on regarde l’IPP en Play-Off (+65,82%) , elle se place aussi deuxième derrière les Ravens 2000. Sur l’ensemble des 19 matchs qu’elle joue, 14 ont un IPP supérieur à 35% et 12 sont supérieurs à 40% ! En PO son plus faible total est un indice de 57%, dans un match où les Raiders inscrivent un TD litigieux et un en fin de match qui ne vaut rien.
En rouge l’Indice de Performance aux Yards, donc comment la Défense a performé face à chaque attaque. En gris le niveau de chaque attaque donné par l’IPY Opp
Même constat quand on s’intéresse aux Yards par drive, Tampa ne contre-performe presque jamais. Malgré un calendrier extrêmement relevé, elle inscrit un IPY de 26%, 3ème meilleur total des 10 défenses, enchaînant 5 matchs à plus de 40%. En PO, héritant du calendrier le plus dur dans ce domaine elle se classe deuxième avec un IPY de +39,6%. Des chiffres ahurissants.
Décomposition Drive par Drive
En situation neutre, les floridiens n’autorisent des points que sur 15,7% de leur drive la laissant seule au sommet des défenses concernées. Sur l’ensemble de la saison elle ne concède que 12 TD dans cette position (7,84% 2ème). Avec ses 31 interceptions elle se place à la 3ème place, forçant un turnover sur 19,05% de ses drive.
Conclusion
Historiquement dominante face à un calendrier extrêmement relevé, les Buccaneers de 2000 font sans conteste partie des meilleures défenses de l’histoire. En plus de faire systématiquement déjouer les grosses attaques qu’elle rencontre en saison, son parcours en Play Off est ahurissant. Elle n’y prend que 3 TDs: un sur terrain court, un deuxième qui n’aurait pas dû être validé et un troisième en toute fin de Super Bowl alors qu’une partie de l’équipe type n’est pas sur le terrain … Par ailleurs elle en inscrit 4 elle-même, plus un cinquième rappelé pour une pénalité n’influençant en rien l’action.
Inspirés par des concepts qui ont fait leurs classes dans les années 70 / début des années 90, le couple DUNGY-KIFFIN les mélangent et les actualisent. Quatre joueurs concentrés à plein temps sur le lanceur et le coureur, les sept autres sur la couverture, il est exigé des onze discipline, mobilité, QI football et coopération, surtout au moment de remplir ses obligations face à des adversaires qui permutent, changent de zone, décrochent… À cet effet, nul n’est plus qualifié que Derrick BROOKS pour symboliser cette (r)évolution. Jusqu’alors, aucun linebacker à ce poste ne possédait de telles qualités. Impérial dans son jardin, capable de couvrir tout type de joueur, le plus impressionnant est que son aisance dans l’espace ne nuit pas à l’impact physique nécessaire pour contrarier la course. Au contraire, son habileté à naviguer entre les lignes lui permet de plonger dans son intervalle en évitant les blocs sur sa route. Physique, rapide, agile, mobile, presque doué d’ubiquité… À l’image de sa défense. Derrick BROOKS / Tampa 2, des avions de chasses règnent au royaume des chars d’assaut.
Le 29 Septembre 2019 les Texans affrontent les Panthers. Sur leur première série, les joueurs de Houston se retrouvent en 3ème tentative et 1 yards à parcourir. Carlos Hyde prend le ballon, parcourt 3 yards avant de se faire plaquer par Luke Kuechly. Plus tard dans la même mi-temps, les Panthers font aussi face à une troisième tentative mais il y a cette fois ci 14 yards à parcourir. McCaffrey hérite du ballon et arrive à gagner 13 yards avant que Justin Reid mette fin à sa course. On peut se demander quelle est la meilleure course entre les deux ?
Si on se fie aux statistiques souvent diffusées par les médias traditionnels, le run de McCaffrey est bien meilleur, il a gagné 4 fois plus de yards sur cette course que Hyde en a gagné sur la sienne. Mais est ce bien vrai ? Le run de McCaffrey a beau avoir fait gagner 13 yards il a mis fin à la série, il n’a pas permis d’obtenir le first down. De plus si il a pu parcourir 13 yards c’est en partie grâce à la défense des Texans qui ne s’attendait pas une course. En revanche la course de Hyde a permis, elle, d’obtenir un first down ce qui permet de continuer le drive et d’avoir une plus grande chance d’obtenir des points. Sur cet exemple cela nous semble absurde de considérer qu’une course est meilleure que l’autre juste sur le nombre de yards… et bien c’est pourtant ce qu’il se passe régulièrement quand on lit des comparaisons de joueurs basés sur leur total de yards (si on a de la chance on nous donne le volume pour avoir un semblant de contexte). Tous les yards ne sont pas les mêmes, et c’est de ce postulat que commence la création des Expected Points.
Mais c’est quoi exactement les Expected Points ?
Pour une situation donnée précédent un play, les EP donnent la probabilité du prochain événement. Les 7 événements possibles sont:
Touchdown (7 points)
Field Goal (3 points)
Safety de l’adversaire (2 points)
Aucun point (0)
Safety (-2 points)
Field Goal de l’adversaire (-3 points)
Touchdown de l’adversaire (-7 points)
Le calcul des Expected Points se fait donc comme ceci :
(P(TD) est la probabilité de marquer un TD sur le play suivant et P(Opp.TD) la probabilité que ce soit l’adversaire qui en marque un)
La question est donc: comment sont calculées ces probabilités ? Et bien grâce aux centaines de milliers de play qui ont eu lieu précédemment en NFL. Grossièrement, si une équipe est en 2nd&5 sur ses 35 yards, on regarde toutes les situations similaires qui ont eu lieu lors des 10 dernières années, et on regarde combien de fois le play d’après a abouti sur un TD, un FG etc… C’est une façon très simplifiée de voir les choses mais qui résume bien le principe de cette statistique.
Il s’agit plus précisément d’un modèle de régression logistique multinomial générant des probabilités pour les sept types possibles d’événements qui peuvent arriver durant la mi-temps. Plus la valeur des EP est grande plus la probabilité de marquer des points est importante pour l’équipe qui a la balle.
La plupart des modèles de calcul d’EP se basent sur un plus de facteurs que l’exemple que j’ai pris plus haut. On retrouve généralement:
La distance à l’en-but adverse
Le down
Le nombre de yards à parcourir pour obtenir un first down
Un indicateur pour savoir si on est en 2 minutes warning ou non
Mais le modèle pondère aussi chaque donnée par le différentiel au tableau d’affichage. En effet il n’est pas rare que des équipes qui mènent largement au score se relâchent et permettent à l’équipe adverse de marquer quelques points qui n’ont finalement aucune valeur. Plus une équipe est loin au tableau d’affichage moins ce qu’elle va faire aura une valeur ajoutée sur l’aboutissement du match.
Je vous mets ci dessous la valeur des EP pour les différents down en fonction de la zone du terrain où l’on se situe. Les graphes proviennent d’un article de Ron Yurko un des plus grand contributeurs à la démocratisation de cette statistique. Je vous invite à lire ses travaux pour ceux qui voudraient plus de détail: https://www.cmusportsanalytics.com/nfl-expected-points-nflscrapr-part-1-introduction-expected-points/
Sur les graphes ci dessus on voit par exemple que si l’on est en 4ème down près de l’en-but adverse, la probabilité de marquer un field goal est très élevée, parce que les équipes optent en général pour un coup de pied dans cette situation.
Mais quel rapport avec la valeur et l’efficacité d’un joueur ? Et bien c’est ce que nous allons voir avec les EPA (Expected Points Added)
Comprendre les Expected Points Added
Maintenant que l’on a défini les EP, le calcul des EPA est en fait très simple. Imaginons que nous sommes en 1st Down & 10 sur nos 25 yards. Comme nous l’avons vu dans la première partie, cette situation a une valeur d’EP qui lui est propre (Appelons la EP(1) ). Sur ce premier Down notre quarterback va compléter une passe de 5 yards nous amenant donc en 2nd Down & 5 sur nos 30. Cette situation a elle aussi une valeur d’EP attitrée ( EP(2) ). Et bien la valeur en EPA de ce jeu est simplement la différence d’ EP entre les deux situations.
EPA = EP(1) – EP(2)
Ainsi on sait vraiment ce que vaut cette passe. Plus la valeur d’EPA d’un play est grande plus ce play donne de chance d’aller marquer des points. On peut donc pour un joueur donné, regarder à combien d’EPA il a contribué durant le match (en les additionnant) et diviser le total par son nombre de play. On a ainsi une vraie valeur de l’efficacité d’un joueur qui ne prend pas en compte les yards et situations superflues.
Si l’on reprend notre exemple du début, la course de Hyde vaut 0,08 EPA alors que celle de McCaffrey -0,1 ( la valeur est négative car dans cette situation, en n’obtenant pas le first down, c’est l’adversaire qui a le plus de chance de de marquer les prochains points). Une répartition bien plus juste que celle donnée par le nombre de yards.
Limites du modèles
La principale limite est que le modèle ne prend pas en compte les joueurs présents sur la pelouse (chose impossible à faire avec les bases de données accessibles), à priori la probabilité de scorer peut varier avec la qualités des joueurs sur le terrain.
De plus comme toute statistique elle n’est pas absolue, si on l’utilise pour quantifier l’efficacité d’un QB par exemple, elle ne donne en aucun cas l’impact du système, le niveau de la ligne offensive etc… Il faut avoir une idée de ce qu’elle représente quand on l’utilise (c’est valable pour toutes les statistiques).
Conclusion
Avec cette statistique on peut donc avoir une vraie idée de ce qu’apportent les joueurs sur le terrain, en prenant en compte: le contexte de la possession, la différence au tableau d’affichage etc… Ces données sont obtenues sans se baser sur des statistiques fallacieuses comme le nombre total de yards ou de TD qui ne veulent finalement pas dire grand chose. Et ça, c’est une bonne nouvelle.
Dans cette nouvelle série d’articles nous allons comparer 10 défenses marquantes du XXIème siècle.
Ravens 2000
Titans 2000
Buccanneers 2002
Bears 2005
Steelers 2008
Jets 2009
Seahawks 2013
Broncos 2015
Jaguars 2017
Patriots 2019
Il faut savoir que sur toute l’étude je me base sur les points et yards par drive(appelons les YPD et PPD). Je précise bien par drive car de façon brutes elles n’ont que peu de valeurs. J’ai moi même ajusté les statistiques par drive en comptant les field goal râtés dans les points encaissés (j’ai bien entendu exclu les kneeldown).
Présentation de l’étude
Le travail sera présenté sous forme de 10 articles, donnant pour chaque défense tout d’abord un partie plus littérale: un contexte historique, l’explication du système défensif, les 3 performances les plus marquantes. Et enfin une partie plus statistique reposant sur l’étude de la difficulté du calendrier, la performance face à chaque adversaire, les performances en situation neutre etc…
La série d’articles sera conclue par un article récapitulatif comparant les données statistiques de ces 10 défenses.
Indice de performance
1) Calculer la force d’un adversaire
Pour cela on va regarder la moyenne de la ligue en terme de YPD et PPD et calculer l’augmentation de chaque attaque par rapport à la moyenne de la ligue. Ce sera donc une valeur en pourcentage qui nous servira à établir la difficulté du calendrier en gommant les différences d’époques causées par l’inflation offensives des dernières années.
On obtient deux statistiques l’IPP Opp(Indice de Performance aux Points de l’Opposant) et l‘IPY Opp (Indice de Performance aux Yards ) pour traduire cette augmentation.
Remarque: Il aurait fallu normalement retirer du total d’une attaque, les performances contre la défense qu’on étudie. Mais sur une étude de 10 défenses cela représente la décomposition des drives de plus de 160 équipes, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de ne pas avoir poussé jusque là.
2) Calculer la performance sur un match: IPP et IPY
On va pour chaque match regarder combien de PPD et YPS l’attaque adverse a réalisé contre la défense que l’on étudie. Et on va calculer l’augmentation par rapport à ce qu’elle inscrit en temps normal. Par exemple si l’attaque affrontée score en moyenne 2 points par drive et que sur le match contre notre défense elle n’en score que 1, l’Indice de Performance aux Points (IPP) sera de (2-1)/2, d’où IPP=50%. On peut faire la même chose avec les yards (IPY). On sait pour chaque match comment la défense a performé par rapport au niveau de son adversaire
3) Calculer la performance sur l’ensemble de la saison: IPPT et IPYT
De la même façon que l’on a calculé l’indice sur un match on le fait sur l’ensemble de la saison. On regarde combien la défense aurait dû prendre de points ou de yards par drive sur la saison et combien elle en a effectivement pris. On peut ainsi calculer l’augmentation sur l’ensemble de la saison. IPPT (Indice de Performance aux Points Total) et IPYT
Evaluer la défense en situation neutre
Une défense peut être très vite handicapée par son attaque. En effet si elle est mauvaise elle donne des positions défavorables à la défenses et des terrains courts à défendre. Pour effacer cela, j’ai regardé l’issue de chaque drive en fonction de la zone du terrain où ils avaient commencé. J’ai décomposé entre les drive commençant dans les 40 adverses (les situations neutres) et ceux à l’extérieur des 40 (les situations favorables). J’ai ensuite comparé par rapport à ce qu’il se faisait dans ces catégories par les autres équipes pour avoir la moyenne de la saison et calculer l’écart à la moyenne pour encore une fois gommer les différences d’époque.
Je n’exclue pas plus tard de faire un décomposition plus fine. Afin par exemple de donner du crédit aux défenses qui ne lâchent q’un field goal en situation plus que défavorable, ou même celles qui arrivent à complétement inverser la vapeur. De la même façon je pense réduire la zone neutre aux 15-35 yards adverse.
Comment évaluer un receveur ? Certains se fieront toujours aux yards, d’autres aux yards par catch ou par target. Malheureusement ces statistiques ne représentent qu’une partie du tableau. Le nombre de yards est directement impacté par le nombre de target. Le nombre de yards par target bien qu’il puisse sembler pertinent comporte de nombreuses failles. Un receveur n’attrapant la balle que quelques fois mais faisant de gros gains performera bien plus dans cette catégorie que les meilleurs joueurs de la ligue. Pourtant si ces derniers sont souvent ciblés c’est bien pour une raison. De plus, plus un receveur est ciblé plus il affronte le gratin défensif de l’équipe adverse ce qui rend son travail extrêmement plus difficile. Pour essayer de prendre en compte tout cela il existe des alternatives.Aujourd’hui je vais vous parler de deux statistiques crées par Josh Hermsmeyer, un analyste qui a à la base développé ces notions pour les amateurs de fantasy football, dans le but de prédire la production d’un receveur d’une année à l’autre.
Stabilité des « Yards per Target » d’une année à l’autre. Ici on peut voir que le coefficient de détermination est plutôt faible (0,29)
1. Comprendre la notion de Total Air Yards
Pour ceux qui ont lu nos travaux sur les Quarterbacks, vous êtes déjà familiers avec la notion de Air Yards : le nombre de yards que parcourt la balle dans les airs. C’est une statistique que j’affectionne tout particulièrement, car mis en perspective elle donne une idée assez précise du profil d’un Quarterback et de son système offensif. Dans le cas du receveur elle est utilisé différemment.
Comme évoqué dans l’introduction un Receveur qui est beaucoup ciblé ne l’est pas pour rien, il faut donc prendre en compte cet aspect dans la notation (en réalité un receveur peut être ouvert et non ciblé et inversement, gardez en tête que ce n’est qu’une statistique qui permet de donner une image approchée de la réalité pas l’exacte vérité).
Pour cela nous allons définir la notion de Total Air Yards. Au lieu de juste compter les yards qu’a parcouru une balle dans les airs avant d’être attrapée par un receveur donné on va aussi considérer les cas où il n’attrape pas la balle.
Par exemple, prenons un receveur que nous appellerons WR#1
WR#1 réalise son premier catch sur un ballon ayant parcouru 15 yards dans les airs, puis il en gagne 5 au sol
WR#1 est visé sur une passe de 10 yards mais la balle tombe au sol
WR#1 a donc gagné 15+10 total air yards… tout le monde suit ?
Bien on peut passer à la suite
2. Calculer l’efficacité d’un receveur avec le Receiver Air Convertion Ratio (RACR)
Savez vous comment on juge la qualité d’une statistique dans ce type d’étude ? Principalement à sa capacité a prédire la suite des événements. On va regarder les statistiques de chaque receveur à l’année Y et Y+1 et regarder la corrélation entre les deux. Et bien à ce petit jeu figurez vous que le RACR est 2 fois plus stable que les yards par target ! Mais je m’avance un peu trop. Tout d’abord qu’est ce que c’est que le RACR.
Le RACR c’est le nombre total de receiving yards divisés par le nombre total de air yards que l’on a défini précédemment.
Pour ceux qui sont aussi familiers avec la notion de aDoT (average depth of target, c’est à dire la profondeur moyenne à laquelle est visé un receveur) on obtient :
RACR= Receiving yards / Total Air yards = Yards per target / aDoT
Si l’on devait traduire cette statistique littéralement ce serait le nombre de yards qu’un receveur arrive à produire pour chaque yards lancé vers lui. C’est donc une statistique exprimant l’efficacité d’un receveur qui prend autant en compte son côté « aérien » mais aussi sa capacité à gagner des yards après la réception.
Le problème des statistiques traduisant l’efficacité, c’est qu’elle sont rarement stables d’une année sur l’autre, ce qui n’est pas le cas de celle ci comme évoqué plus haut. Avec un coefficient de détermination de 0,4, l’efficacité de l’année Y explique 40% de l’efficacité de l’année Y+1 (seulement 8% pour les Yards par Target).
Coefficient de corrélation et de détermination pour les différentes statistiques. Plus on se rapproche de 1 plus la statistique est stable En utilisant le RACR et le aDoT on peut estimer le nombre de yards que va gagner un receveur l’année d’après. Si on a une idée du nombre de réceptions qu’il va pouvoir realiser on a juste à multiplier ce nombre par son aDoT général et son RACR général pour obtenir une valeur approchée de son futur total de yards. C’est une technique extrêmement sommaire, qui est aujourd’hui, perfectionnée par de nombreux algorithme, mais qui peut vous donner de bonne estimations très facilement.
3. Donner du poids aux opportunités avec le Weight Opportunity Rating (WOPR)
Comme expliqué précédemment, on peut considérer les opportunités d’un receveur comme outil d’évaluation. Il est impossible de juger l’ensemble du travail et des qualités d’un receveur, mais son impact sur l’équipe est traduit par la confiance que le QB place en lui. Pour cela on crée une mesure qui prend en compte le taux de target du receveur par rapport au reste de l’équipe (Si il y a 4 receveur et que chacun attrape 100 passes sur les 400 complétés, chacun à un Taux de target ou Target Market Share de 25%), et le taux de total air yards du receveur par rapport au total de l’équipe.
La formule qui suit a été déterminé empiriquement pour que les meilleurs receveurs aient un WOPR entre 0,70 et 0,80
WOPR=1,5 Target Market Share + 0,7 Air Yards Market Share
Bien sûr cette statistique est loin d’être parfaite, la note peut être boosté si un receveur fait partie d’une groupe très moyen. Mais on peut aussi dire qu’elle défavorise moins les grands receveurs jouant avec des Qbs moyens, et prend en compte le niveau de dépendance de l’attaque envers son receveur.
4. Analyse critique
Ces deux statistiques nous donnent donc des meilleurs moyen de mesurer l’efficacité et le volume de jeu d’un receveur que les notations usuelles. En revanche elles ne sont pas parfaites, et ne se combinent pas pour donner un chiffre magique évaluant exactement le niveau d’un joueur. Il revient à chacun d’interpréter les informations comme elles sont exprimées et d’avoir un regard critique sur chaque joueur en fonction des critères que l’on veut favoriser chez un receveur. D’autres sont aussi très utiles comme le aDoT , on peut aussi quantifier particulièrement les performances d’un receveur en Yards After Catch en utilisant par exemple les Expect Yards After Catch de Next Gen Stats. Comme d’habitude les statistiques ne sont pas infaillibles mais le but est de montrer le tableau le plus précis et détaillé possible, et dans cet exercice le RACR et le WOPR sont infiniment plus intéressants que l’usage parfois maladroit des yards par target ou du nombre total de yards.
5. Le meilleur receveur
Je n’allais pas partir sans vous montrer où se placent les receveurs les plus connus. Voilà pour 2019
On peut constater que Michael Thomas est le WR le plus complet sur la saison 2019. Hopkins quant à lui, si il s’est montré moins efficace que son compère des Saints (en partie à cause de la différence de système offensif), est un receveur extrêmement important pour son attaque. C’est confirmé quand on regarde entre 2015 et 2019 où il place les plus gros volumes de jeu avec un pic en 2017. Jones est plus en retrait ce qui est en partie dû à son attaque plus équilibrée.
Les saisons 2018 et 2019 de Michael Thomas sont des modèles d’efficacité. Il est vrai que son système favorise au maximum ses talents, et lui donne la balle sur de nombreux tracés court qu’il exploite au mieux, mais une telle domination ne peut s’expliquer par le seul fait du système offensive.
Alors qui est le meilleur receveur de la ligue ? Et bien pas facile de donner une réponse définitive, mais grâce à cette étude vous êtes maintenant capable de mettre en perspective les différentes qualités des receveurs, en sortant du carcan imposé par le nombre de yards et le nombre de catch.
Amené à être un des futurs visages de la NFL au poste de Quarterback, Deshaun Watson sort d’une 3ème saison très solide, avec néanmoins une tendance à l’inconstance qu’il lui faudra corriger.
Malgré son irrégularité d’un match à l’autre, Watson affiche une cohérence étonnante au niveau des statistiques avancées, il est en effet top 10 dans toutes celles que nous avons choisi. Avec une note de 7,8 et un QBR de 68,9 il se place dans les 6 QBs les plus efficaces de la ligue. Il n’a pas non plus froid aux yeux quand il s’agit de lancer loin comme en témoigne ses 8,7 de Intended Air Yards. Ses 4,5 yards de Air Yards par tentative ainsi que son CPOE positif témoignent de sa capacité à pouvoir être explosif même sur des lancers difficiles. Comme on s’y attend c’est aussi un joueur qui se créer certaines de ses occasions tout seul grâce à sa mobilité ( 25,7 de note global selon l’Offensive Share Metric)
Le négatif
Bien qu’il soit difficilement critiquable sur les statistiques avancées on peut constater quelques déficiences qui peuvent l’empêcher d’atteindre le prochain palier si elles ne sont pas corrigées. Tout d’abord son manque de régularité: il affiche deux matchs en dessous de 20 de QBR et 2 aux alentours de 40. De plus il a tendance à trop garder le ballon pour aller chercher le big play, ce qui engendre un nombre de sacks important. En en effet malgré une ligne offensive classée 8ème avec 62% de Pass Block Win Rate, il est le QB le plus sacké avec 55 sacks juste devant Russell Wilson et sa ligne famélique.
On pourra également lui reprocher sa productivité dans le fond du terrain, qui est loin d’être suffisante pour atteindre la classe de QBs à laquelle son potentiel appartient.
« Establishing the run » voilà une phrase qui résonne comme une madeleine de Proust pour les fans de la grande ligue, d’un certain âge, qui vont lire ses lignes. Pour les nouveaux arrivant une mise au point est nécessaire. Courir ? Comment ça courir ? Aujourd’hui la place du jeu au sol s’amenuise chaque année. En effet cette année c’est seulement 41,1% des jeux menés par les attaques NFL étaient des courses, un record. Une tendance qui s’aggrave doucement mais surement chaque année depuis la fin des années 70 où les jeux de courses et de passes étaient à l’équilibre au sein de la ligue.
Une question peut donc nous venir à l’esprit : Quid des Running back de nos jours ? Quels profils retrouvent-ont ? Les Running back tout en verticalité existent-ils encore ? Quelle est l’importance du jeu à la passe pour le poste de nos jours ? Et surtout : Qui est le meilleur Running back selon tous ces critères ?
Lexique des data utilisées :
YAC : Yards After Contact, c’est tout simplement le nombre de yards gagnés par un joueur sur les jeux de courses après que ce dernier est subi un contact avec le premier défenseur.
YBC : Yards Before Contact, Homologue du YAC mais pour les yards avant le contact avec le premier défenseur.
Att/BrT : Attempt per Breaking Tackle, c’est le nombre moyen de tentatives de jeu au sol que réalise un joueur entre deux placages cassés. Plus le chiffre est petit plus la fréquence de plaquages cassées du joueur est grande.
ALY : Adjusted Line Yards, crée par Football Outsiders, cette statistique est issue de la régression d’un modèle comprenant toutes les courses réalisées par les running backs d’une équipe et assigne la responsabilité sur chaque jeu du nombre de yards considéré comme gagner par la OL. Différentes variables rentrent en compte à côté de cela tel que les downs et la distance restants, la situation dans le match, la qualité de la DLine adverse et la formation utilisée par l’attaque. Les données sont ensuite normalisées de manière à avoir la moyenne d’ALY dans la ligue égale à la moyenne des Yards/carries de tous les RB de la ligue. En conclusion, on peut interpréter cette statistique comme le nombre de yards moyens gagné par la OL sur les jeux de course.
DVOA : Defense-adjusted Value Over Average, de nouveau une statistique de Football Outsiders. Cette dernière, dans des termes très courts, permet de mesurer l’efficacité d’un joueur en comparant son succès sur chacun de ces plays avec la moyenne de la ligue et tout cela encore une fois selon la situation et l’opposition.
DYAR : Defense-adjusted Yards Above Replacement, dernière statistique de chez Football Outsiders (je vous jure). Elle sert à quantifier l’impact d’un joueur dans une équipe en remplaçant ce dernier par un joueur du même poste mais avec tous ses attributs correspondant à la moyenne dans la ligue. Ainsi appliqué sur chaque action où le joueur étudié a eu un rôle on obtient une différence, en nombre de yards. Plus cette différence est élevé plus le joueur apporte à son équipe quand il joue.
OSM : Offensive Share Metric, statistique inventée par Pro Football Network. Cette mesure permet de mettre en évidence le pourcentage de production directement lié à la performance du joueur et non pas lié à la performance de ses coéquipiers.
Méthode :
Afin de discriminer nos différentes classes de Running back, connaître laquelle est la plus efficace et réaliser notre classement, 6 nouvelles variables sortis de ma petite tête sont détaillées ci-dessous :
Puissance : YAC*100/Yards à la course*(2*(1/Att/BrT)+1)*(Att/1000)
Formule aux premiers abords un petit peu complexe mais ne vous inquiétez pas l’explication est logique. Première partie, on récupère le pourcentage de yards après contact gagné à la course par le joueur on ajoute à ce dernier ce même pourcentage mais pondéré cette fois ci par deux fois le nombre de placages cassées par courses. Enfin on pondère cette mesure avec un facteur comprenant le nombre de tentatives de courses divisé par 1000. Pourquoi tout cela ? Et bien selon moi cette formule permet de modéliser assez efficacement la puissance d’un joueur de course car elle prend en compte les Yards après le contact, les placages cassés, ici avec un facteur de 2 pour avantager les joueurs qui cassent beaucoup de placages (plus difficile à réaliser pour le joueur) et enfin le dernier facteur permet de mettre légèrement en exergue la répétition de ces lourds efforts par les joueurs puissants avec leur nombre de tentatives.
Vision : YBC*100/Yards à la course*(1+(Y/Att-ALY)/Y/Att)
Assez semblable à la première formule cependant ici on pondère les Yards avant contact en enlevant le ratio des yards gagnés par la OL sur chaque action par rapport aux yards par courses du joueur. On obtient un score de vision assez regardante de la réalité pour les RB.
Receiving Rate : (Y/target/2*Yards after catch)*(10-Drop%)+(1D+6*TD-6*TO)
Le jeu à la passe fait partie du football moderne à part entière. Il est donc inconcevable de ne pas juger les RB sur leur capacité dans ce secteur. Pour se faire j’ai réalisé une formule très simple en deux composantes qui permet de se faire une idée du jeu aérien des joueurs de courses. Cette formule comprend deux composantes : la première prend en compte les yards/target mais divisé par deux (choix arbitraire) dans une logique impliquant le lanceur et le receveur, ainsi que les Yards after catch qui eux impliquent en grande partie le RB. Le tout est pondéré par un facteur 10 et on enlève à cela le taux de drop du joueur multiplié par ces yards calculés antérieurement. Enfin la deuxième composante est juste ici pour ajouter la production brute du joueur qui est aussi non négligeable.
Efficacité : DVOA
La DVOA explique bien l’efficacité d’un joueur et se suffit à elle-même pour cela.
Valeur ajoutée : 10*OSM+DYAR
On quantifie donc ici la part de production du joueur et le caractère irremplaçable de ce dernier. Comment il est impliqué dans l’attaque de son équipe et son importance.
Production : TD*7+1D-Fmb*10+Yards/Att
Cette variable est ici pour évaluer les statistiques brutes du joueur. On ne regarde simplement si ce dernier apporte à son équipe sur le plan comptable et ce sans regarder les facteurs extérieurs.
Notation sur 10 : Toutes ses variables ont été centrée-réduites autour d’une moyenne de 5 et d’un Ecart-type de 10 afin d’évaluer les RB sur une échelle de 0 à 10, le RB moyen de notre panel étant de à une note de 5 dans toutes les catégories.
Panel et résultats bruts :
Les données de 44 RB ont été récupérées et traitées et nous permettent d’obtenir le tableau ci-dessous.
Player
Puissance
Vision
Receiving rate
Efficacité
Valeur ajoutée
Production
1
Aaron Jones
6,17
5,71
6,81
7,33
7,69
8,95
2
Adrian Peterson
5,70
3,87
5,24
4,50
4,92
3,95
3
Alvin Kamara
5,03
4,66
5,08
5,64
5,04
2,93
4
Austin Ekeler
4,01
3,77
10,00
3,44
2,47
2,69
5
Benny Snell
3,82
1,85
6,48
3,09
4,55
2,67
6
Carlos Hyde
6,37
5,51
3,14
4,61
4,48
4,56
7
Chris Carson
8,55
3,73
3,76
5,53
6,10
4,40
8
Christian McCaffrey
5,15
8,83
8,00
7,74
9,25
9,79
9
Dalvin Cook
6,58
4,90
2,56
6,85
7,18
7,53
10
Damien Williams
4,44
2,15
5,37
4,01
2,99
4,02
11
David Montgomery
5,73
5,64
4,47
2,97
2,77
5,34
12
DeAndre Washington
2,77
2,53
5,30
3,94
3,27
3,80
13
Derrick Henry
9,71
3,61
1,09
6,34
8,49
8,87
14
Devin Singletary
3,94
7,37
2,90
5,87
4,30
2,08
15
Devonta Freeman
4,06
5,27
6,56
3,14
2,97
2,22
16
Ezekiel Elliott
7,52
4,72
5,21
8,03
9,73
8,67
17
Frank Gore
4,61
2,60
4,56
2,49
3,93
3,81
18
Gus Edwards
3,46
5,72
6,13
7,12
6,78
3,68
19
Jamaal Williams
2,23
6,08
7,47
4,98
4,68
3,08
20
James Conner
3,22
4,37
7,17
3,16
2,84
3,83
21
Joe Mixon
7,94
4,49
7,72
4,98
4,37
6,41
22
Jordan Howard
3,06
5,68
4,36
7,63
5,66
5,27
23
Josh Jacobs
7,51
3,76
2,68
5,76
6,31
6,50
24
Kenyan Drake
3,57
8,31
5,38
8,51
6,64
6,06
25
Kerryon Johnson
3,24
2,94
1,48
2,77
3,70
3,20
26
Latavius Murray
2,93
6,04
4,80
6,97
7,20
5,43
27
Leonard Fournette
8,75
2,63
5,09
3,63
4,37
5,05
28
LeSean McCoy
2,21
8,17
5,65
4,59
3,74
2,66
29
Le’Veon Bell
7,58
1,68
6,32
2,30
1,66
3,95
30
Mark Ingram
5,34
5,53
8,80
8,54
8,77
7,11
31
Marlon Mack
5,40
6,05
4,33
5,32
4,72
8,18
32
Matt Breida
2,27
9,21
4,92
4,71
4,80
2,02
33
Melvin Gordon
3,86
4,16
3,82
3,87
3,23
4,42
34
Miles Sanders
4,23
6,67
6,26
4,01
3,31
3,15
35
Nick Chubb
9,15
4,69
3,65
5,90
6,15
6,29
36
Peyton Barber
4,23
1,59
5,17
0,01
1,77
4,38
37
Phillip Lindsay
4,97
7,17
2,61
5,53
5,03
6,21
38
Raheem Mostert
2,80
9,64
3,78
9,82
8,28
5,18
39
Ronald Jones
5,43
4,40
6,39
4,73
5,04
3,95
40
Royce Freeman
3,36
3,40
5,46
3,28
2,90
3,76
41
Saquon Barkley
6,49
4,49
5,61
5,25
4,70
5,67
42
Sony Michel
5,21
4,37
1,08
4,03
4,83
6,00
43
Tevin Coleman
2,36
6,48
5,10
2,42
3,95
5,14
44
Todd Gurley
5,05
5,54
1,88
4,63
4,45
7,16
Tableau 1 : Data des 44 RB sur les 6 variables calculées
Discrimination des classes de running back :
Avec nos données traitées nous pouvons discriminer maintenant nos RB selon 3 critères : Le score de puissance, le score de vision et le receiving rate.
Avec une ACP sur nos 3 critères il est affirmatif que ces derniers ne sont pas liés et nous permettront de mettre en évidence des groupes de RB bien distincts. De plus les 2 premières composantes expliquent plus de 80% de la variation obtenue.
Figure 1 : ACP et discrimination des classes de RB
Grace à cette ACP il est facile de visualiser les groupes de running back selon leur style. 6 styles sont retenus : Elusive, Elusive-Receiving, Receiving back, Power-Receiving, Power back et Running back. Un autre groupe un peu sous-jacent aurait pu aussi être mis en évidence avec un style « All around ». Pour l’analyse nous resterons à 6 classes.
Résultats :
Voyons maintenant sur nos scores d’efficacité et de valeur ajoutée.
Figure 2 : Boxplot de l’efficacité en fonction du style du RB (p-value=0.07)
Pour ce qui est de l’efficacité on remarque que le meilleur style de Running back est « Elusive-Receiving » (un style à la CMC pourrait-on dire). En effet, les coureurs au sol qui ne se font jamais plaqués sont souvent efficaces (comme on peut le voir avec la classe « Elusive » seule). Si vous couplez cela à un jeu aérien qui produit beaucoup de YAC derrière vous obtenez la classe orange sur le graphique. Les Power backs sont aussi efficaces dans l’ensemble car tributaire d’un style de jeu qui leur est propre, tout en verticalité. Si l’on regarde maintenant les « Power-Receiving » on observe une efficacité moindre sans doute lié au fait que les Power back ont plus de mal à être consistant en réception aussi et que leur style ne se fond pas bien dans le jeu aérien. Au fond du classement on retrouve les « Receiving back » et les « Running back » moins efficace surement dû au fait que les WR sont plus compétents que eux pour les premiers et que le manque de spécialisation se fait sentir pour les seconds.
Figure 3 : Boxplot de la valeur ajoutée en fonction du style du RB (p-value=0.06)
Maintenant penchons-nous sur la valeur ajoutée de chaque classe. Les classes « Elusive-Receiving » et « Power back » ont une grosse valeur ajoutée qui s’explique surement par la niche en terme de gameplay qu’elles proposent. En effet d’un côté on a des RB insaisissables et qui en plus sont souvent tributaire du jeu aérien de leur équipe et de l’autre côté des RB tout en puissance, comme Derrick Henry, et qui ont des profils absolument irremplaçables dans leur équipe. On voit aussi que les Receiving back pâtissent sur ce critère tout simplement parce qu’ils assurent encore une fois le même rôle que les WR et ne font pas mieux que eux.
Conclusion :
Les Running back ne sont pas morts
Les Running backs ne sont pas morts ! Ils sont même encore indispensable dans certains style de jeu tant ils apportent de la plus-value sur le terrain. Si vous voulez que votre équipe se construise autour d’un Running back cependant il faudrait mieux pour elle prendre un Power back ou un Joueur que personne n’arrive à plaquer et qui en plus vous apporte des solutions dans le jeu aérien. Vous pouvez aussi espérez qu’une équipe déjà construite pense à un joueur « Elusive » qui saura aussi apporter. Les pièges à éviter sont semble-t-il les RB qui ne sont bon que dans le jeu aérien et qui ne vont donc pas apporter un petit plus à l’équipe et les joueurs de course mais moins spécialisés.
Classement FFS des RB 2019 :
A partir de cela et en rajoutant le critère de production en plus dans mon analyse je vous présente mon classement des RB pour la saison régulière qui s’est écoulée en 2019 :
Nov 10, 2019; New Orleans, LA, USA; Atlanta Falcons quarterback Matt Ryan (2) warms up before a game against the New Orleans Saints at the Mercedes-Benz Superdome. Mandatory Credit: Chuck Cook-USA TODAY Sports
Une nouvelle saison à 7-9 et une nouvelle saison décevante pour les Falcons. C’est un Matt Ryan pourtant en dessous de ses standards habituels qui se hisse à la 9ème place de ce classement. En cause une certaine homogénéité dans son évaluation statistique, moyen partout mais mauvais nul part. Le Quarteback n’aura pas été aidé par une ligne offensive très faible
Le MVP d’il y a trois ans a fait son job cette année. Même si il est loin de son niveau lors de la campagne 2016,Matt Ryan s’en sort avec un AY/A de 4,6 le plaçant 5ème. Les passes qu’il complète sont souvent pour des gros gains aériens, témoignant de la facilité qu’il a à lire les défenses et à faire les bons choix de passe quand il le veut. Son OSM de26,86 et son DYAR de 742 ne font pas pales figures à côté de ceux des autres QBs de la ligue et lui permettre d’atteindre la 8ème place dans ces classements. Ces données nous permettent d’affirmer sans trop de difficulté que Ryan est en grande partie responsable de ses statistiques brutes ce qui n’est pas étonnant au regard du niveau de sa ligne protectrice. Matt montre qu’il est clairement une pièce maîtresse mais aussi une valeur sure dans la franchise géorgienne. Son CPOE de 1,4 le classe dans le top 10 et est tout à fait honorable traduisant sa capacité à se montrer précis sur des lancés difficiles.
Passer rating en fonction de la zone du terrain – Next Gen Stats
Le négatif
Malgré le marasme de football qu’a proposé la franchise d’Atlanta cette année, notamment lors de la première partie de saison, Matt Ryan a su rester constant dans son niveau de jeu. Très peu de points négatifs à retenir sur la saison passée, avec toutes ses notes au-dessus de la moyenne. On peut tout de même mettre en exergue sa note de propreté tout juste passant la barre des 5, symbole des problèmes qu’il a rencontré sous la pression cette année. Or pression il y a eu avec un Pass Block Win Rate de 50%, un des 3 plus faible de la ligue. Ce qui peut expliquer en partie son nombre d’interceptions assez élevé de 14 (26ème ). Mais la ligne offensive n’explique pas à elle seule les 48 sacks encaissés par Matt Ryan, le franchise QB des rouges et noirs,a souvent eu tendance à trop garder le ballon face au raz de marée adverse.
Globalement Matt a su être constant tout au long de la saison mais à un niveau juste au-dessus de la moyenne en terme de production statistique, hormis une envolée contre la faible (euphémisme) défense aérienne des Cardinals. On retiendra son passer rating,moyen dans toutes les zones, sans jamais exceller nul part.
Fréquence des lancers en fonction de la zone du terrain% de complétion en fonction des zones du terrain
Conclusion
Matt Ryan ce serait au collège ce môme frustrant pour n’importe quel enseignant. Des bases solides, un potentiel bien présent, une envie de bien faire mais un niveau, au final, juste moyen qui ne lui permet pas d’élever sa note plus haut que 13/20, plafonnant avec une mention « Assez Bien » pour une grande partie de sa scolarité. Terriblement agaçant et pourtant on ne peut pas lui en vouloir tant il est assidue pour faire ses devoirs et réciter ses leçons. Un enfant surement bien seul avec des parents ne l’aidant pas du tout dans la réussite de ses études et des frères et sœurs préférant batifoler dans le jardin plutôt que travailler avec lui (sauf le petit Julio). Alors qu’au final ensemble ils pourraient tous aller loin.
Pas besoin de le présenter, Mahomes a déboulé comme une météorite dans la ligue l’année passée. Après une campagne de MVP ses performances sont redevenues plus humaines mais toujours de très haut niveau. Alors agressivité, importance du système… On passe tout au microscope !
Mahomes est un quarterback efficace, avec un QBR de 76,3 il se place juste derrière Lamar Jackson. Rien de bien étonnant pour un QB talentueux évoluant dans une attaque 5 étoiles sous la tutelles d’un des meilleurs tacticiens offensif des 20 dernières années. Toujours dans cet esprit de l’attaque aérienne explosive, il est dans le top 10 en terme de yards parcourus dans les airs sur chaque play , et top 10 en terme d’agressivité. Son DYAR est de plus dans le top 5 soulignant qu’il ne fait pas qu’exploiter ce système, il sait aussi se rendre indispensable comme le montre son 8,9 en valeur ajoutée.
Il est de plus extrêmement performant dans le fond du terrain, où son rating ne descend pas en dessous de 100.
Beaucoup de lancers de Mahomes entre 5 et 10 yards, sur sa gauche principalement. On remarque aussi qu’il apprécie beaucoup lancer en deep à gauche. Cependant cette dernière zone est celle où sa complétion est la plus faible, ce qui explique ses quelques déchets. Néanmoins quand il complète ses passes dans le fond du terrain c’est ici qu’il fait la différence au vue de son passer rating. Dernière observation marquante : la symétrie de sa heatmap de complétion. Il est à l’aise à quelque soit son angle d’attaque sur le terrain.
Pourcentage de complétion en fonction de la zone du terrain Fréquence des lancers en fonction des zones du terrain
Le négatif
Ce qui saute aux yeux est son -0,6 en CPOE, qui fait tomber sa note de précision à 5. Doit on en déduire que Mahomes est un Quarteback peu précis ? Par forcément. Évoluant dans une attaque très explosive, avec des cibles de grandes qualités il a énormément d’opportunités. Hill et Kelce ont tous les deux en moyenne 3,2 yards de séparation avec leur plus proches défenseurs quand ils sont ciblés. Les deux représentant quasiment 40% de la production aérienne de l’équipe. Ainsi Mahomes n’a pas à effectuer de nombreux lancers difficiles, comme l’atteste son 66,5% de complétion attendue, classé dans la moyenne haute de la ligue, bien boosté par sa très bonne ligne offensive qui poste un 60% de PBWR. Il est difficile de transcender statistiquement un système qui offre autant de possibilités.
En revanche on ne peut pas négliger le fait que le système de Reid et le casting offensif gonfle sa performance statistique, 50% de sa production de yards est effectuée par ses receveurs.
De retour d’une blessure aux ligaments croisés, le quarterback des Niners est le premier à passer au microscope juste avant de jouer pour sa première bague en tant que titulaire. A l’issue d’une bonne première saison complète, il atteint la 10ème place du classement des QBs sur l’année 2019.
Que nous apprennent les statistiques avancées
Le positif
Tout d’abord Jimmy Garoppolo est un Quarterback efficace, classé 11ème au niveau du QBR, cela témoigne sa capacité à faire avancer son attaque sur une grande majorité de snaps (Plusieurs de ses interceptions sont causées par des drops mais il en eu aussi quelques unes de sauvées par les mains glissantes des défenseurs adverses, cela n’a pas d’importance car des statistiques comme le QBR en prennent compte). Il est de plus assez précis avec un Completion Over Expectation positif. Ainsi c’est un QB assez fiable capable de réussir quelques lancés compliqués. L’Offensive Share Metric et le DYAR nous indique qu’il apporte une plus value intéressante à son attaque.
Comme nous l’indique ses Passing Charts, il lance très peu dans le fond du terrain, mais quand il le fait, il le fait bien (158,3 de rating dans le milieu du terrain à plus de 20 yards).
Le négatif
Ce qui marque le plus dans les statistiques avancées de Jimmy G, est son manque d’agressivité, seulement 1,6/10. Il est avec Derek Carr un des QB qui a le plus petit IAY/A (6,5). C’est à dire qu’il a tendance à privilégier les tracés court et à laisser ses receveurs gagner des yards avec leur jambes. C’est d’ailleurs l’un des QB dont la part de Yards After Catch est la plus importante dans son total: un peu plus de 54% de son total de yards est dû à ses receveurs. Son Expected Completion est de 67%, un des plus haut de la ligue, indiquant qu’il tente peu de lancés risqués. Pas forcément étonnant dans une attaque comme celle de Shanahan qui fait la part belle aux motions et aux tracés Short et Cross pour libérer rapidement des cibles.
Il a aussi du mal sur les lancés entre 10 et 20 yards. Alors qu’il se montre souvent à l’aise sur les Play Action dans le fond du terrain, il connait bien plus de difficultés dans la zone intermédiaire où il lui arrive d’être intercepté par des Linebackers qu’il n’a pas vu. Ses pires rating sont situés dans cette zone.
Passer Rating Chart – Jimmy Garoppolo – Next Gen Stats
Jimmy Garoppolo tente beaucoup de lancers entre 5 et 10 yards, principalement sur sa droite. Il a aussi une grand densité de lancer dans l’axe juste au delà des 10 yards. Des choix somme toute intelligents au vue de sa heatmap de complétion qui ne descend pas en dessous de 60% dans ses zones. On arrive facilement à remarquer une corrélation entre les zones du terrain où il a eu ses pires passer rating et la complétion de ses passes (court droit et +10yards droit). Cela traduit clairement les difficultés qu’il a eu cette année à trouver ses WR sur des tracés extèrieurs de ce côté du terrain.
Graphique de densité des passes de Jimmy Garoppolo sur un terrain. 0 représentant la LOS -25 le bord extérieur gauche du terrain et +25 le bord extérieur droit.
Heatmap du pourcentage de complétion de Jimmy Garoppolo.